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 Les songes de Grosswald

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Hagen

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MessageSujet: Les songes de Grosswald    Ven 1 Juil - 17:05

Les songes de Grosswald

introduction: Exil


Le puissant château de Fondvallon semblait pris dans une étrange torpeur. On ne voyait personne sur ses tours et ses courtines, les bannières pendaient piteusement le long de leur hampe. Les habitants hagards hantaient les bâtiments plus qu'ils les occupaient. Les cloches de deuil sonnaient lentement. Partout dans la forteresse la terrible nouvelle s'était rependue : Robert était mort. L'héritier vertueux, bien aimé du peuple ne régnerait jamais. Dans toutes les pièces, dans toutes les cours des gens sous le choc pleuraient silencieusement leur espoir d'avenir meilleur envolé et leur crainte du futur. Le seigneur commençait à se faire vieux, à devenir dur et cruel, tous espéraient que le fils prodigue leur offre un nouvel âge d'or, mais les dieux en avaient décidé autrement.

Les murs épais de la grande salle filtraient les bruits extérieurs, tout le monde l'avait déserté lorsqu'on avait aperçu Suidebert rentrer de chasse, personne osait lui annoncer le cruel jeu du destin et tous avaient fui de peur de le croiser. Tous, sauf Clodhbert. L'adolescent les yeux dans le vague était assis sur un coffre, il attendait immobile que son père arrive pour lui dire, lui le fils indigne, que son ainé, son enfant favori n'était plus. La porte s'ouvrit violemment et le maître des lieux encore vêtu de ses vêtements de monte, entra. De là où il était le jeune écuyer pouvait déjà sentir la forte odeur de son géniteur, un mélange de sueur animal et de sang. Il tourna lentement la tête et vit le visage du vieil homme, ravagé par l'angoisse.

-Toi ! Hurla le seigneur d'un ton dégouté en le désignant du doigt. Parle sur l'instant, par Taal ! Que s'est-il passé ?

_____________________________________________________________

Etait-il stupide ?
Assis là, sur un coffre dans les appartements familiaux du logis du château, Clodhbert attendait. La peur lui tenaillée le ventre… Son père venait d’arriver et d’un commun accord silencieux tout le monde c’étaient défilés pour laisser le jeune fils annoncer le drame au seigneur…
Après ça il était certain qu’il le mettrait à la porte. Pourtant, dans le bouillon de ses émotions il n’y a pas que la peur : il y avait la tristesse, la culpabilité et plus étrangement : l’émerveillement !
Malgré le malheur qui le touchait l’apparition qui avait eu lieux ne voulait pas céder sa place aux pensées plus sombres.
« Soit vertueux mon fils » lui paraissait être une phrase plein de sens mais pourtant tellement rempli de mystères… Est-ce la Dame du lac ? Ou peut-être sa mère ? Il n’en avait pas la moindre idée car père avait fait retirer tous les tableaux d’elle…

Dans l’escalier qui mener depuis la grande salle, Clodhbert entendait de plus ne plus fort les pas rapides de son père comme s’il mener une charge !
Quand la porte s’ouvrir l’odeur de la chasse emplit la pièce ! Supportant l’agression olfactive autant que l’agression vocale Clodhbert garda son dos vouté, son cœur aurait pu faire éclater sa cage thoracique. Il marmonna entre deux lèvres.

« _Je… Je suis désolé père… Robert… Robert est mort… un éboulement sur la route… Alors que nous conduisions chacun notre chariot… »

Déjà que sa voie n’était pas très assurer plus sa phrase avancée sous le jugement de son père et plus ses paroles se faisaient inaudible. A la fin il lui été impossible de soutenir le regard de son seigneur maitre et père.

________________________________________________________

Suidebert fit un pas de plus, mais son cœur manqua un battement, son visage prit un teint cireux, ses yeux se voilèrent et l'espace d'un instant il chancela à tel point qu'on aurait pu croire qu'il allait s'effondrer. L'atmosphère du château avait convaincu le seigneur qu'un drame était arrivé, mais l'annonce même prononcé d'une voix faible le poignarda cruellement. Le vieux noble inspira péniblement à deux reprises puis son regard reprit contenance et se fit dure, débordant de colère.

Le chevalier parcouru trop calmement la pièce à la recherche de quelque chose qu'il finit par trouver en s'emparant d'une longue verge, celle qu'il utilisait pour corriger les dogues et ainsi armé marcha résolument vers l'infortuné messager, en marmonnant.


-La vieille folle me l'avait bien dit… Un quatrième fils, porteur de malheur et de déshonneur pour notre famille.


Le premier coup cueillit Clodhbert au visage et le fit basculer de son coffre, le deuxième l'atteignit avant même qu'il touche le sol, après il fut bien incapable de compter les suivants. La rossée était donnée de façon froide et méthodique, tombant systématiquement sur les points vulnérables de l'adolescent et ne stoppa que lorsque l'épaisse tige se brisa. Suidebert n'était pas encore apaisé, mais il était trop noble pour utiliser ses mains. Il en resta donc là.


-Va-t'en. Tu n'es plus chez toi dans ses murs. Prends tes affaires et disparai avant le coucher du soleil. Je t'interdis d'arborer notre blason familial avant de t'être hissé à la hauteur du véritable fils que les dieux m'ont pris par ta faute.


Puis malgré son habituel contrôle, son visage se déforma d'un profond rictus de dégout et il quitta la pièce sans rien ajouter. Le jeune homme était au sol, le corps meurtri et sanglant là où la peau avait éclaté sous les impacts. Dans un état second il tenta de se relever, sans succès. Son monde s'écroulait autour de lui, tout ce qui avait fait son enfance lui étaient retirée. La douleur et les chagrins étaient sur le point de l'anéantir.

Les pièces et les cours défilaient autour de lui sans qu'il est le moindre contrôle conscient sur ses jambes, quelqu'un le soutenait, mais il était incapable de pouvoir l'identifier. Ses mains attrapaient des objets, les conditionnaient dans d'autres de façon tous aussi irréelle. Il avait seulement mal. Partout. Au corps, au cœur, mais surtout à l'âme. Il aurait juste voulu s'allonger et ne plus penser. On le hissa sur un cheval qui prit le pas.


- Soit vertueux mon fils.


Cette phrase le fit réagir comme si on l'avait plongé dans un bain glacial. Clodhbert sursauta et repris ses esprits, cherchant de droite et de gauche d'où venait cette injonction. Il était sur le dos de Paisible, le vieux palefroi qu'il montait pendant ses cours et franchissait le pont-levis de la forteresse. Quelque personne était venue lui dire au revoir, des domestiques pour la plupart et Père Bon le solide prêtre de Shallya le bénissait.


- Soit vertueux mon fils. Répéta l'ecclésiastique. Que la grâce de la déesse te guide.


La monture continua sa route, ses fontes semblaient pleines, un écu couvert d'un voile était fixé à la selle et une épée pendait à la ceinture du jeune homme, un garçon chargé et habillé pour le voyage le suivait, le jeune noble le reconnu comme Heinrich, le nouveau disciple de la déesse de la miséricorde. Ils partaient vraisemblablement ensemble.

Une route libre et incertaine s'ouvrait devant Clodhbert…

_________________________________________________________________

Suidebert sortit de la pièce. Prostré par terre Clodhbert, ressentait peu à peu et une à une toutes les blessures. Chaque écorchure était une brulure qui semblait s'enflammer à chacun de ses mouvements. Très difficilement et avec de l'aide, il se releva.

Le seigneur n'était pourtant pas sourd, il n'y était pour rien dans la mort de Robert… Mais depuis trop longtemps il devait espérer ne plus voir Clodhbert, depuis trop longtemps Suidebert espérait voir son cadet partir comme son aîné aujourd'hui…
Pourtant le père avait laissé une porte ouverte au fils… Il laissait l'opportunité de devenir un vertueux comme Robert… « Soit vertueux mon fils ».Comme une prophétie qui prenait d'un coup tous son sens.

Dans son réduit, il n'avait de toute façon pas beaucoup d'affaire à prendre. Sa boite d'écriture, ses vêtements de voyages, sa couverture. Il emballât tout ça dans une sorte d'inconscience. Il fut subitement tiré de sa torpeur quand trouva un vieux médaillon de la Quête, qu'un jour un  chevalier cherchant le graal lui avait donné alors qu'il avait été gracieusement hébergé à Fondvallon pour une nuit seulement…
L'espace d'un instant, en empaquetant son bardage, il se prit pour l'un d'eux. Ayant prêté le serment de laisser leur lance et de ne jamais dormir deux fois au même endroit… Clodhbert n'était plus sûr que cette vie le fasse encore rêver maintenant qu'il y était forcé…

Invraisemblablement il se trouvait déjà sur son cheval à passer la porte de Fontvallon.


" Soit vertueux mon fils... "


Un instant alors qu'il pensait à beaucoup trop de choses en même temps il fut ramené sur terre par cette simple phrase. L'abbé était-il au courant de quelque chose ? Non, une simple coïncidence, une phrase que tout le monde dit touy le temps… A croire que finalement même la vision qu'il avait eu pouvait être un malentendu...

Alors qu'ils dépassaient la limite des habitations qui entourées Fondvallon avec Heinrich chargé de l'accompagner, ce dernier demanda au jeune noble :


« Alors, où allons-nous ? » Pas de révérence entre eux deux, les deux garçons ne se connaissaient pourtant pas vraiment, le jeune clerc étant nouveau au château.

« A priori, je dirais Mareinburg… J'ai l'impression que Fondvallon ne pourra plus rien m'apporter… Nous nous en remettons à la Dame Heinrich ! »


Fin de l'introduction
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Hagen

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MessageSujet: Re: Les songes de Grosswald    Ven 1 Juil - 17:11

Ailleur...:
 

L'été était bel et bien fini, les arbres avaient même fini de jaunir et de rougir pour se dénuder entièrement. Le jeune chevalier chevauchaient au pas pour ne pas distancer le clerc. La route pour Mareinbourg, Clodhbert la connaissaient bien, mais il prit des chemins parallèles, il jugeait qu'il était encore trop tôt pour revivre l'affreux souvenir de la mort de son frère, il ne voulait pas revoir ce lieu maudit.
Clodhbert se tourna vers Heinrich :


- Et toi, tu faisais quoi avant d'arriver au château ?

-J'étais ailleurs, messire

La jeunesse de Clodhbert faisait qu'il n'avait pas encore le caractère pour forcer les servants… Alors, il en resta là pour cette question non sans en essayer une nouvelle :


- Et sinon tu te destines à être prêtre toi aussi ? Comme le Père bon ?...

- peut être...

Timidité ? Ordre de ne rien dire ? Décidément Heinrich n'y mettait pas du sien. Clodhbert abandonna pour l'instant comptant bien avoir prochainement une nouvelle occasion. Discuter lui aurait permis de se changer les idées en ce triste jour.

-Là-bas, messire, une maison pour la nuit.

-Tu veux dire une cabane... Mais bon je n'ai pas l'impression que nous ayons le choix.


La famille qui les accueillit était loin d'être riche, mais dans les conditions dans laquelle ils se trouvaient il ne fallait pas être regardant. D'autant plus que sur la petite route qu'ils avaient choisi ils ne risquaient pas de trouver beaucoup d'auberge…

Le repas fut simple est Clodhbert fut gêné lorsqu'on lui servit un jus de viande, certainement la seule denrée ayant de la valeur aux yeux de ses pauvres gens. La nuit il décida de s'installer dans l'étable avec Heinrich. Il voulait rester au plus près de son cheval certainement par manque de confiance. Et tant pis pour l'image chevaleresque de la noblesse, au point où il en était... Il avait déjà entendus parler de ce genre de situation au sujet de Chevaliers de la Quête pour qui le chevale est le bien le plus précieux.

___________________________________________________________________

Au matin, le chef de famille leurs indiqua le plus court chemin pour regagner la route, les informa du grand train qui devrait suivre pour espérer arriver avant la nuit à Montgavret, village sur la route de Marienbourg où vivait son frère qui pourrait les héberger. Il les salua, les recommandant à la Dame et retourna biner sa parcelle.

Le soleil brillait et la route étant bien sèche, Clodhbert et Heinrich avançait rapidement. Vers midi ils arrivèrent déjà en vue de la rivière indiquée, mais leur espoir de bruler une étape s'arrêta là. A la sortie d'un bois fourni un court pont de bois franchissait un lit escarpé où bouillonnaient des flots chargés des pluies de la semaine précédente. Deux chariots faisaient la queue et obstruaient le chemin. Les charretiers qui les occupaient, pestaient contre ce contretemps imprévu. Le disciple de Shallya posa son sac et se faufila entre les véhicules pour s'enquérir de la cause de cette retenue. Le jeune écuyer ne souhaitant pas descendre de cheval fut bien contraint de l'attendre. Le jeune clerc revient très vite une mine inquiète sur le visage.

-Un chevalier a pris la fantaisie d'interdire le passage aux nobles combattants et de questionner les manants, je serais d'avis que vous dissimuliez vos armes avant qu'il vous aperçoive, si vous ne voulez pas qu'on vous impose un parti dans la succession des Marches.


Devant le regard perplexe de Clodhbert, le jeune homme poursuivit.


-On en parle depuis des mois. S'étonna Heinrich. En début d'année Le vieux baron Adalbert Aymar a pris froid et n'y a pas survécu. Il n'avait pas de fils, seulement deux filles et de deux femmes différentes et c'est là que ça se complique. Le baron a répudié sa première épouse avant de prendre en secondes noces une simple fille de chevalier, mais possédant dit-on, des arguments physiques hors du commun. Le problème est que Judith la fille issue de la première union a été fiancée par sa mère avec Gregor de Longpont, le propre petit-fils du roi et que la futur-belle famille ne compte pas renoncer aussi facilement au noble héritage. La question est : le vieux Adalbert avait-il la possibilité d'annuler son mariage, le droit du duché de Couronne semble dire le contraire, alors que la règle coutumière des Marches de couronne semble elle l'autoriser ce qui ferait d'Alicia Aymar la seconde fille la baronne légitime.
Pour épaissir l'affaire, Sir Pons le frère cadet de Adalbert , réclame la souveraineté arguant l'impossibilité de transmission du titre par les femmes actée dans le droit local du siècle dernier. Le prétendant a des tas de qualité, c'est un chevalier accompli et il est surtout dans la force de l'âge contrairement à Gregor et Alicia qui sont mineurs. Le seul souci est qu'il a fait la majeure partie de sa carrière à l'étranger et que les nobles locaux ne lui font pas confiance.
Actuellement la régence est confiée à sir Simon grande-épée, un noble de la cour qui administre la baronnie pour le compte de Judith. Il a l'appui de la plupart des chevaliers locaux et de la cour de justice royale. Contre lui Pons n'a que son fief de la digue au cerf et Alicia dont la famille maternelle était insignifiante n'avait rien jusqu'à ce que le paladin qui attend là-bas se déclare son champion et commence le recrutement d'une armée pour faire valoir les droits de la demoiselle. La bataille juridique étant enlisée dans des chamailleries de préséance de droit contradictoire. L'affaire risque de se régler par les armes. Si on ajoute que l'empire a toujours revendiqué la baronnie des Marches de couronne comme appartenant à sa sphère d'influence le désordre risque de bientôt être le quotidien des petites gens d'ici. Que Shallya les prenne en pitié.


Clodhbert était impressionné qu'un simple clerc soit aussi pointu en politique local, lui même connaissait l'existence de ce probable conflit que depuis peu et n'avait pas autant de détail. Ce qui n'expliquait pas pourquoi il devrait craindre de rencontrer le chevalier du pont. Laissant le jeune cavalier à ses reflétions, les manants ayant visiblement reçu l'autorisation de passer fouettèrent les bêtes et commencèrent à dégager pesamment la route. Si l'aspirant-chevalier ne faisait rien il serait bientôt en vue du pont et de potentiel ennuie. Mais allait-il déjà reculer ?

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Clodhbert ne s'y connaissait que très peu, bercé par les contes chevaleresque des servants du Graal et l'imaginaire des épiques combats. La politique ambiante lui était passée à côté, pensant qu'il aurait bien le temps plus tard. Mais là : trop tard, il était devant le fait accompli. Il s'étonna lui-même à comprendre aisément la situation que lui expliquait Heinrich.

"Je ne cacherais pas mes armes; tu n'aurais pas reconnu son blason par hasard ?"

Et le jeune noble donna à son cheval l'impulsion pour qu'il avance au pas.
La décision de son partis pris était claire pour lui. Il y avait fort à parier qu'il s'agissait d'un partisans d'Alicia...

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Le pont muni de deux solides parapets ouvrait sur une large prairie, devant l'ouvrage se tenait un homme dont les vêtements soulignaient l'aisance financière. De l'autre côté de l'ouvrage, confortablement installé à l'ombre un arbre, était assis un chevalier revêtu de son armure, occupé à picorer des victuailles sur une table qui en débordait. Une fabuleuse monture broutait l'herbe à ses côtés et des lances reposaient sur les branchages. Un écu « de dextre d'argent à l'aigle d'azur et damier de sable et d'or en sénestre» pendait à un pieu non loin.

Le héraut richement vêtu, interpella Clodhbert dès qu'il l'aperçut.


-Qui ose s'avancer sur le passage tenu par le vaillant Gorn de Parravon ? Manant ! Descends de cheval et montre le respect qui est dû au champion de la baronne Alicia des Marches de Couronne.

-Vous avez devant vous Sir Clodhbert, qu'un ordre de son suzerain interdit de nommer la noble ascendance. Répondit Heinrich acceptant la décision de son maître.


L'homme fut un instant décontenancé, qu'un voyageur sentant la vil roture puisse être un chevalier semblait difficilement concevable pour lui. Il s'apprêtait tout de même à répondre lorsque le champion s'étant levé le fit à sa place.


-Et bien Sir Clodhbert, mon défi vous concerne, quiconque désire franchir ce pont devra m'affronter à la joute. La fortune ne semble pas vous avoir souri, mais je suis disposé à vous céder la lance que vous ne possédez pas. Acceptez-vous de relever le gant ? Afin d'être honnête je dois vous présenter mon compagnon, il s'agit du célèbre ménestrel Olivier de Moussillon que j'entretiens afin d'immortaliser les braves et démasquer les couards.

-C'est Gorn « deux-choix » crut bon de préciser discrètement le jeune clerc.


L'homme n'était pas très grand, mais il était couvert d'une impressionnante armure argenté. Il était de plus très beau avec des traits fins et une chevelure dense qui brillait au soleil, il s'exprimait avec courtoisie, malgré l'évidente différence de richesse. Son coursier déplia ses grandes ailes et s'ébroua en hennissant pour ponctuer la proposition de son cavalier. Ce guerrier ressemblait à une incarnation vivante de l'idéal chevaleresque.

info pour la suite:
 

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« Messire ! Sachez que c’est par honneur que je relève le défi. Je resterai très honnête en vous avouant que je m’attends à perdre, vu que mon entrainement ne m’a encore jamais donné l’occasion de jouter. De ce fait j’attends de votre part une belle démonstration qui je l’espère me servira d’exemple pour mes futures joutes. J’espère que votre baladin ne sera pas trop acerbe dans mon évocation pour votre postérité. »

Sir Gorn toisa le jeune homme qui commençait déjà à prendre son écu recouvert. Il le stoppa ainsi lui proposant d’abord de se restaurer. Ce Clodhbert était jeune mais manifestement « en devenir » il n’avait pas l’arrogance habituel des jeunes nobles tout juste adoubés chevaliers... Mériterait-il du coup un traitement de faveur ? Il se laissait le temps d’en décider. Après tous, il avait demandé une leçon et Gorn se sentait fort en disposition pour lui en donner une.

Devant la table, entre les fruits et la viande, les deux nobles s’observaient. Et entre la bière forte et le vin de Bordeleau la conversation était courtoise. Manifestement les deux futures adversaires voulaient rester discret l’un pour l’autre.

Clodhbert se cachait dernière son interdiction de nommer son héritage. Tandis que Sir Gorn s’appuyer sur les déboires de la pauvre Alicia pour détourner le véritable intérêt de la conversation.

Enfin, Olivier de Moussillon qui semblait faire office d’écuyer, apporta une lance au jeune Clodhbert, celui-ci enfila sa vieille cotte de maille, enfourcha son vieux cheval et enfila son bras dans le bouclier. La lance avait son poids, mais pas plus que les rares qu’il avait déjà eu en main. En face de lui Sir Gorn se mettait en lice et était déjà prêt à lancer son formidable pégase dans la joute le ménestrel s’apprêtait à donner le cri de lancement.

Les quelques secondes qui s’écoulaient avant le signal de départ furent intenses ! Jamais il n’avait réellement jouté. Il avait bien pratiqué de la quintaine et avait heureusement appris à tomber de sa monture. Tenir, bien ferment son bouclier, tenir sa lance sans se soucier des douleurs et des fatigue de son bras... bien se concentré sur le point visé et ne pas se préoccuper de la transpiration ni aucune autre distraction d’ailleurs.

C’était là au final les seuls leçons qu’il avait reçu sur le combat de joute…

Clodhbert serra les dents et éperonna son cheval quand le départ fut donné.

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-Vous êtes couvert de bandages, n'avez pas de véritable armure et acceptez de combattre dans un domaine de vous de maîtriser point. Vous êtes assurément un garçon très courageux, voyons si votre dextérité et à la hauteur de votre hardiesse.


Le chevalier enfila ses élégants gantelets, coiffa son bassinet surmonté de deux grandes ailes, fixa à son épaule sa targe et se hissa sans effort apparent sur le dos de sa monture fabuleuse. Le ménestrel lui tendit une longue lance.


-Les vœux que j'ai fait à une dame, m'oblige à ne pas me ménager, je suis heureux que votre demande soit identique. Que la Dame désigne la cause la plus juste.


Dans un claquement métallique il verrouilla son heaume et semblant répondre à un ordre non formulé, le pégase prit le galop. La course de la créature n'avait rien à voir avec la lente et laborieuse foulé du cheval de Clodhbert, même sans déployer ses ailes immenses, elle semblait survoler la prairie sans vraiment la toucher, le jeune chevalier errant ne put qu'admirer l'impeccable assiette et la tenue de lance de son adversaire. Lorsque les deux cavaliers se rencontrèrent Sir Gorn avait parcouru deux fois la distance du vieux coursier. Malgré la difficulté de la tâche la perche de l'aspirant chevalier toucha le bouclier rival pile sur l'aigle, mais ne mordit pas, en retour le fer cornu du paladin frappa avec la force d'un taureau. Evitant de quelques pouces le rebord de l'écu, il atteignit l'épaule droite de Rouergue, fracturant proprement la clavicule et s'étant enferré dans la maille, arracha le jeune jouteur de sa selle.

Clodhbert ouvrit les yeux, il semblait être adossé à un arbre. Il n'avait pas de souvenir de chute, mais la douleur atroce qui l'assaillit à cet instant lui confirma qu'il avait belle et bien été mit à bas de sa monture. Son bras d'arme pendait inerte le long de son corps et il devait avoir dans les quatre côtes cassées du côté gauche, ses yeux couvert de sang laissaient supposer une plaie au crane et sa cheville droite était au mieux vilainement foulée. Heinrich était auprès de lui et s'activait sans que son maître  réussisse à comprendre en quel but.


-En vertu des règles de la chevalerie votre cheval et votre équipement me reviennent. Tonna une voix dure. Mais je vous accorde deux choix…


Clodhbert tourna avec difficulté la tête dans la direction du champion, Sir Gorn encore juché sur sa bête parerait immense et tout puissant, son ton même semblait avoir changé en quelque chose de plus mordant et agressif.


-Soit vous me cédez, les seules choses qui aux yeux de nos semblables vous élève au-dessus du manant soit vous jurez sur votre honneur que dans quatre mois vous vous joindrez à moi à l'arbre griset que vous serez à mon service pour quarante jours de campagne militaire… Faites votre choix, chevalier !

____________________________________________________________________

Son souffle fut coupé puis plus rien…Il ne réalisa pas de suite qu'il était à terre, mais à peu à peu la douleur l'envahit. Une douleur comme il n'en avait jamais ressenti avant ! Aucune partie de son corps avait été épargnée. Son torse, son bras, son cou, son crâne.
Il lui revint l'horrible bruit de craquement de ses os tout aussi clairement que celui des lances sous le terrible choc.
L'espace d'un instant plus rien n'existait autour de lui et dans ce vide momentané Clodhbert devait bien se l'avouer il regrettait sincèrement sa décision et son comportement. Il avait un fort ressentiment négatif envers cette espèce de brute. Qui sous ses faux semblant de courtoisie devait avoir un mauvais complexe à compenser quelque part…

Il se sentit secoué, mais ce n'était pas lui qui bougeait véritablement, Heinrich était auprès de lui. Mais à part la douleur il percevait difficilement du monde qui l'entourait.


« _ […] vous jurez sur votre honneur que dans quatre mois vous vous joindrez à moi à l'arbre griset et que vous serez à mon service pour quarante jours de campagne militaire… […]


Il aurait voulu ne pas entendre ses mots mais quelque part ce il pouvait s'en servir. Entre deux cracha de sang dans une voix complètement étouffé

« _ Oui je vous rejoindrais… »

Il partit dans une quinte de toux dont il pensait qu'il n'y survivrait pas tellement l'effort demandé par son propre corps lui semblait surhumain. Il se retourna, face à terre et rejeta le repas qu'il avait avalé avant la joute dans un immonde vomi.
Il tomba évanoui.

_____________________________________________________________________

Clodhbert se réveilla une première fois, il était fixé sur un traîneau improvisé. la douleur était tellement insoutenable à chaque cahot qu'il préféra se rendormir. La seconde fois le bon Heinrich essaya de lui donner un bouillon claire, une gène lancinante persistait, mais c'était supportable. Une litière fait de branche était fixé à la selle du vieux cheval et leurs maigres affaires étaient entreposées sur son dos. Le chevalier se trouva affamé, hélas le coursier fini par trépigner d’impatience et le corps meurtri protesta de nouveau sous les vibrations. Lasse le jeune homme du se replier dans le repos.
Quand les yeux de Rouergue s'ouvrirent la troisième fois, il allait sensiblement mieux, ses blessures étaient toujours là, bien sûr et mettraient des mois à guérir, mais l'inconscience ne le guettait plus.
Il se trouvait sur le sol d'une petite chapelle dédiée à la dame, couvert de bandages et d'attelles de fortune. les lieux était bien conçu, mais il était sales et mal entretenu, signe d'une occupation plus qu'occasionnelle. Les bruits d'animaux qui lui provenaient laissaient entendre que l’édifice se trouvait en pleine foret. Le jeune disciple de la déesse de la miséricorde, avait trouvé une retraite parfaite et le travail qu'il devrait accomplir dans les prochaine semaine lui vaudrait surement le statut de bienheureux de son culte. Clodhbert devait s'armer de patience car la convalescence serait long, inconfortable et au vu de l’avancement de la saison: froide.

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MessageSujet: Re: Les songes de Grosswald    Ven 1 Juil - 17:18

La première journée fut pire de toute ! Heinrich l’avait emmené dans une chapelle du graal. Et l’Abbé Abritaeus avait accepté de le recueillir. Seulement ayant un besoin urgent de soins, le religieux n’avait pas trainé dans la tâche, une fois le jeune chevalier rendu ivre avec une piquette du coin le prêtre et Heinrich avaient travaillés aux premiers soins les plus urgent : remise en place de son épaule, couture et cautérisation des plais…

Au lendemain à l’état pitoyable de son corps s’ajouter l’horrible gueule de bois qui lui tenaillait le crâne.

Que la Dame soit louée, les jambes n’avait pas étaient plus touchées que la cheville. Mais plusieurs atèles de fortunes lui soutenait le buste du ventre jusqu’au cou.

Dans son malheur l’hiver rendez sa chambrette où il dormait froide et humide, il sentait le froid s’immisçait jusqu’au plus profond de ses os malgré le feu qu’Heinrich alimentait régulièrement.

Le garçon n’avait pas rechigné à la tâche, il avait coupé encore du bois pour pallier aux faibles réserves du prêtre, il s’était débrouillé pour qu’il sèche, il avait prié, il surveillait les bandages et l’évolution des plais.

A son état peu enviable s’ajoutait alors la fièvre, l’hiver avait installé le mal en lui. Et Heinrich se vit obligé lui faire une saignée…

Il ne croisait personne, il ne pouvait participer à l’office et toutes façons la neige ressente avait parait-il bloquée les chemins et forcée les gens du coin à l’isolement. Les jours avançaient et avec la neige et le climat moyen de l’été dernier les plantes médicinales étaient trop rares. Rien ne pouvait lui calmer la douleur, rien ne pouvait soigner sa fièvre… Il ne pouvait compter que sur lui-même pour survire.

Dans les moments les plus longs et dans la solitude la mélancolie venait encore empirer la situation. Le jeune Clodhbert n’en pouvait plus de restait immobile, n’en pouvait plus d’avoir constamment mal et froid. Les jours étaient sombres et silencieux. Parfois quand il savait Heinrich et le prêtre éloignés il se mettait à hurler ne serait-ce que pour faire quelque chose. Il ne comprenait pas pourquoi son corps le trahissait à ce point pourquoi il tenait encore à la vie alors que finalement rien ne le retenait ici !

Il n’avait aucune idée de l’endroit où il se trouvait ni de ce à quoi pouvait ressembler l’extérieur.
Deux semaines et demie avaient passées, les premiers bons signes qu’il reçut furent que sa cheville semblait s’être rétablie et de même le mal qu’il l’avait pris dans les poumons et par la fièvre semblait avoir abandonné le combat. Il pouvait aussi de nouveau bouger son bras droit…

Alors que le froid hivernal avait réellement commençait, la région eu soudainement un redoux. Des zones isolées comme leur chapelle s’ouvrait de nouveau au monde. Un jeune chevalier arriva alors accompagné de servants et d’un cheval lourdement chargé. Chléric était le fils du seigneur local un vicomte régnant tous juste sur un petit village.

Profitant d’une meilleure accessibilité des routes il apportait de la part de son père une offrande en nourriture pour la chapelle. Chléric rencontra Clodhbert et reconnu à son parlé et son attitude un jeune chevalier du même niveau social que lui, à l’écoute de son histoire Chléric se montrait un brin moqueur mais restait amical son nouveau visage et son esprit léger fut pour Clodhbert comme une bouffée d’air frais. Chléric avait bien proposé au jeune chevalier de la suivre chez son père mais Abritaeus tous comme Heinrich s’y opposaient prétextant une encore trop grande fragilité…

Et ainsi Chléric repartit. Mais cette visite avait changé les choses, un monde probablement intéressant se proposait au jeune blessé et lui donna une soudaine envie de « continuer » !

Un moi avait passé depuis son arrivé à la chapelle de St Annabelle. Après le redoux un nouveau manteau de neige avait de nouveau recouvert la région. Mais cette fois-ci les réserves avaient été pourvus en conséquences le séjour de Clodhbert avait pris un meilleurs tournant.

Ce jour-là Heinrich enlever soigneusement les atèles du torse de Clodhbert. Ses mouvements étaient encore un peu grossiers mais l’amélioration se faisait sentir.

Abritaeus arriva devant le jeune noble. Il avait dans les mains un manteau et une pelle.

« _C’est l’heure de vous mettre au travail ! Depuis plusieurs semaines vous êtes ici. Mais vous êtes chevalier, et il est hors de question que pourrissiez dans un endroit comme celui-là ! S’il vous prend la gratitude de me remercier. Alors allez dégager la neige le long du chemin : les gens n’arrivent plus à venir prier. Et tant qu’affaire profitez-en pour vous faire les muscles qui vous ont tant manqués pendant votre duel… »

Clodhbert se tourna vers Heinrich qui admettait, malgré la bassesse des travaux proposés, que l’exercice lui serait bénéfique.

Alors empreint d’humilité et souhaitant remercier la Dame de lui avoir offert un refuge il attrapa l’outil et se mit à déblayer le passage.

La côte était rude, mais ce travail avait l’avantage de lui changer les idées. Le soir Clodhbert se sentait brisé. Peut-être avait-il repris le travail trop vite ? Un autre jour le Père Abbé l’obligea à l’aider dans la réparation de la toiture pour mieux les isoler du froid. La fois suivante il devait porter du bois de chauffage et de l’eau depuis le village en contre bas. Clodhbert se montrait de plus en plus. Et il devait l’admettre, les charges des premiers jours lui paraissaient moins lourdes maintenant.

Mais malgré ses multiples soins, la brisure de sa clavicule était toujours un problème qui lui paraissait incurable. Aussi alors qu’il insista pour aider bucheron et sa fille à dégager leur charrette de la boue formée par la précédente tombée de neige, il se fit horriblement mal dans l’effort ! Ce fut alors que la petite s’approcha du jeune chevalier contre l’avis de son père : « Yvenne, non ! » Mais la gamine posa quand sa main sur le cou de Clodhbert et d’un coup, rien… La douleur avait disparue ainsi que la gêne qui l’handicapait dans ses mouvements. « Soit valeureux chevalier » la voie de l’enfant avait une étrange résonnance en lui en prononçant cette phrase. L’enfant courra rejoindre son père, ce dernier n’était manifestement pas surpris par le miracle mais l’inquiétude transpirait dans son regard. Clodhberd connaissait trop bien les bruits qui courraient au sujet des fillettes miraculeuses. Toujours elles finissaient par quitter leur famille et pour disparaitre afin de suivre les enseignements de la Dame…

Quand il rentra à la Chapelle qu’elle ne fut pas sa surprise de voir Chléric attendre sur son cheval. L’abbé et Heinrich étaient là aussi à préparer plusieurs affaires.

« _Salutation, s’exclama joyeuse le fils du seigneur, toi, Clodhbert, tu viens avec moi. J’ai parlé de toi à mon père et il t’invite dans sa maison. Ton servant Heinrich et mon père Abriteus te pense apte à me suivre. »

A la désignation de « servant », Heinrich fit un peu la tête mais et lorsque Clodhbert se tourna vers l’abbé c’est un visage approbateur qu’il aperçue.

« _Ecoute mon fils, je n’ai encore jamais croisé de chevalier serviable comme toi. Il va falloir que tu penses maintenant à ton avenir, ici je ne pourrais plus rien t’apporter. Il te reste à peu près trois mois avant de partir en campagne. Chez eux tu devras travailler dure… et prend un peu plus garde à ton comportement. C’est pas déblayant la neige que tu protégeras les pauvres gens, c’est en te battant ! »

Ainsi Clodhbert et Heinrich avait quitté la protection de St Annabelle. C’était étrange de voir à quel point ce lieu avait changé aux yeux du jeune chevalier. Au début il voyait la chapelle comme un trou du quel il ne sortirait jamais, alors que maintenant c’était une maison chaleureuse où prier la Dame était aussi réconfortant que la plus confortable des demeures…

Plus tard dans la journée, ayant tracée leur route dans la poudreuse aux seins des vallons. Au détour d’un autel à la Dame il aperçut le château de Granfond appartenant à la famille des Cadras au blason de gueule à la Tour déversant un torrent d’argent.

Là, le seigneur Philibert de Cadras les accueillis avec l’hospitalité grande dont il souhaitait faire en sa réputation. Clodbert se rendis compte qu’il connaissait déjà le Vicomte de Granfond, il c’était rendu quelque fois à Fondvallon pour traiter d’affaire militaire avec son père l’un l’autre n’étaient pas suzerain ni vassaux mais la proximité de leur terres respective leur imposait une certaine entente. Cela dit, il sembla à Clodhbert que la reconnaissance n’était pas réciproque. Aussi, fort de son interdiction d’affiliation il ne révéla rien sur c’est origine, il précisa d’ailleurs ce point dont Philibert eux le cran de ne pas lui en porter préjudice.

Selon, les dires du Vicomte, être punis de son origine à cause d’un manque de grandeur est certainement un juste châtiment, car il hors de question de faire honte à sa famille ! Cela dit, une punition juste était par définition une peine suffisante qui n’avait pas besoin d’être empirait et ainsi Clodhbert fut accueilli à Granfond.

Au repas du soir Clodhberd avait évoqué sa défaite face à Sir Gorn, ainsi que son obligation sur l’honneur de le suivre à la bataille. Philiberd admis être largement au courant de l’affaire et que l’avenir de la marche de Couronne était effectivement un sujet brulant. Pour Philibert le problème était que la querelle qui opposait les deux demi-sœurs était de toutes évidences, soutenue par des partis qui restaient dans l’ombre. Alicia, malgré sa mère ambitieuse ou bien Judith et le pouvoir royal, sans même parler de Sir Pons, aucun de ses acteurs ne pourra arriver à ses fins s’ils n’ont pas un soutien caché. Les choses étaient encore trop flou pour qu’il prenne radicalement partis, cela dit son Suzerain était affilié à un autre Ducher différent de la couronne, il y avait donc de fortes chances qu’il n’est pas à prendre partis.

« _Par contre, d’après ce que vous me racontiez ce fameux Sir Gorn était au courant de votre qualité, vous n’avez pas cherché à vous cacher ni à nier votre manque de savoir de faire à la joute… Je trouve sa méthode bien peu honorable… Alors dans ce cas-là Clodhberd, allez donc voir Gontrand, mon maitre d’arme il vous aidera ! »

Au lendemain donc, le jeune Rouergue se présentât au maitre d’arme manifestement informé de la situation. Ce dernier mit son nouvel élève immédiatement au travail. Informé de son état de santé, il commença d’abord par des exercices de pour le renforcer, puis ce fut la musculation avant de commencer le maniement de la lance et les base du combat en Fer de Lance.

Le plus souvent l’entrainement se faisait à la Quintaine, mais parfois cela nécessité la présence d’un adversaire et Chléric accepté de jouer le jeu avec grand engouement.

De jour en jour les coups de Clodhbert se faisaient de plus en plus efficaces et il se faisait de moins en moins désarçonner. Bientôt le combat à cheval n’avait plus de secret pour le jeune chevalier sous le regard du Vicomte depuis sa fenêtre. Les courses en Fer de Lance avaient grandement contribuées à rapprocher les deux chevaliers. L’entrainement était intense et parfois de vieilles blessures se réveillées, Clodhbert ne se ménageait pas, et quand des douleurs se ravivaient il ne s’accordait qu’une courte pause.

Voilà deux semaines déjà que Clodhbert s’entrainait au combat avec Chléric. Ce matin-là pendant les échanges à l’épée des deux jeunes gens, le père était encore à sa fenêtre mais il surveillait la vallée en contre bas. Ils étaient en opposition de force l’un contre l’autre, la buée de leur souffle se mêlaient tellement qu’ils étaient proches. Soudain un héraut hurla par-delà la muraille les portes s’ouvrirent et des jeunes chevaliers s’arrêtèrent pour regarder l’entrée de trois cavaliers et leur suite, un homme d’âge mûre et deux autres cavaliers, dont une demoiselle, qui avaient à peu près le même âge que Chléric et Clodhbert. Le visage de Chléric pris soudain l’expression de l’inquiétude, un regard interrogateur de Clodhbert suffit à lui faire sortir la réponse :

" _C’est le seigneur Trodor de Doralung et ses enfants… Elle ça va encore, c’est Annalior et par contre lui c’est Cordran méfi toi de lui, les problèmes sont toujours dans son sillage… »

Maintenant que Chléric en parlait, Cordan avait le visage typique du bagarreur. Mais Annalior avait un visage de déesse, s’il devait imaginer la Dame, elle aurait eu son visage… Une ora de beauté avec un soupçon de sauvagerie dans le regard, Clodhbert devait admettre sa faiblesse de regretter de ne pas voir ses cheveux sous sa coiffe à voile. Son attitude rayonnée de mystère et sa toilette laissait deviner les formes de son corps malgré les multiples toiles que composait sa robe.

Mais un coup de coude de Chléric le sortit de sa rêverie et le combat repris de plus bel avec les éclats métalliques caractéristiques au choque des épées…
Les bruits des tintements des armes attirèrent inconsciemment le regard des deux jeunes gens nouvellement arrivée.

Ce ne fut qu’à la fin de l’après-midi que les deux Chevaliers Errants purent rompre et retourner dans leurs appartements. Après un coup de rafraichissement ils se présentèrent aux nouveau venus, encore en entretiens courtois avec le Vicomte qui avait justement fait servir une collation.

Philibert présentât son fils avec fierté et il évoqua la présence de Clodhbert comme un simple chevalier invité…
Si Doralung ne leur jeta qu’un rapide coup d’oeil, Cordan leur adressa un regard orgueilleux mais Annalior eu la politesse de leur adresser un « bonjour », avec une voie grave, lascive et pleine de désinvolture. Un simple mot et Clodhberd s’emportait dans des mondes idylliques où elle lui accordait bien plus qu’un regard.

Le lendemain, alors que Chléric et Clodhbert faisait leur exercice de musculation, Cordan arriva ; torse nu malgré le froid pour laisser apparaitre sa constitution ; il s’installa sur un banc à leur côté pour faire pratiquer le même exercice qu’eux. Par sa simple présence Chléric semblait déjà agacé au plus haut point. Après quelques étirements le jeune orgueilleux passa à la pratique d’une arme pour réviser ses gardes non sans pouffer d’un petit rire en passant devant Chléric.

Ce dernier n’en attendait pas plus pour prendre la mouche, les deux se toisèrent du regard avec une expression mauvaise, Clodhbert ne connaissait pas leur passif mais il était manifestement lourd. Cordan dépassait d’une tête le fils du Vicomte. L’Héritier de Daralung poussa Cadras et l’envoya facilement à terre ! D’un seul bon Chléric était de nouveau debout quand le maitre Gontrand les stoppa net tous les deux !

« _C’est toujours pareil avec lui, toujours en train s’en prendre aux autres et de chercher la bagarre… Un jour je ne sais pas ce que je lui ferais ! » Chléric l’avait visiblement mauvaise comme si chacune de ses rencontre avec Cordan ressemblait à cela, auquel cas, Clodhbert comprenait très bien son ami.
Hors mis cet incident, rien d'autre ne vint perturber l'entrainement des deux garçons.
L'après-midi le Vicomte et son fils avaient conviés leurs invités à une partie chasse. Clodhbert lui, devait continuer à améliorer l'enchainement de ses gardes, ainsi que les différents passages des pas et des trots avec son destrier.

Il était seul sur la lisse d'entrainement quant-il fut interrompues par une grave et suave :
"_Pardonnez-moi, chevalier..." Manifestement Annalior ne se souvenait déjà plus de son prénom. Avec légèreté elle s’appuya sur la barrière de bois
_ Clodhbert, damoiselle. Elle montra un livre à sa main.
_ Vous en faites du bruit pour un homme tout seul... Je n'arrive plus à me concentrer sur ma lecture...
_ Pardonnez-moi, j'ai rendez-vous dans un peu plus de deux mois avec Sir Gorn "deux choix". Et j'ai une sacré remise à niveau à faire...
_ Vous avez pris le partis d'Alicia ? Intéressant pour quelqu'un qui est abrité par la famille Cadras... En général ils évitent les prises de partis...
_ J'y suis obligé par l'honneur, car j'avoue ne pas connaître tous les tenants et les aboutissants de cette affaire. Les Cadras ont bon coeur c'est tout...
_ Cela reste une bonne chose, nous pouvons être amis car mon père soutien justement la cause d'Alicia. D'ailleurs, mon frère à rendez-vous à la même date que vous avec Sir Gorn. Clodhbert n'y voyait pas vraiment une bonne nouvelle dans tout ça...
_ Je tâcherai d'être moins bruyant, damoiselle...
_ N'en faites rien chevalier, continuez vos exercices comme il se doit je m'en voudrais s'il devait vous arriver malheur pendant la campagne de Sir Gorn..."

Annalior allait s'éloigner quand les seigneurs revinrent de la chasse. Aucun d'entre eux ne manqua le chevalier en entrevue avec la jouvencelle. Encore en scelle, Cordan se précipita sur eux au galop, il avait le visage mauvais de son habitude mais sa soeur pris la parole en première :
"_ Alors mon frère avez-vous eu du bon gibier ?
_ Nous aurons de quoi manger ce soir... Ce nobliau t'importune ?
_ Pas le moindre mon frère restez en paix..." Elle avait posé une de ses délicates main sur le bras de Cordan en signe d'apaisement avant de s'éloigner montrant de dos sa démarche chaloupé avec cette pointe la même pointe de nonchalance envoûtante qu'elle mettait dans sa voie... Son frère démonta de son coursier et s'interposa dans la vision angélique de Clodhbert :
"_ Toi tu ne t'approches pas de ma soeur, elle est déjà promise à un autre que toi à qui tu n'arrives même pas à la cheville... Clodhbert ressentait soudainement le même ras le bol que Chléric.
_ Il faudra que tu me dises d'où te sort cette manie d'en vouloir à tout le monde ? Tu m'excuseras j'ai encore des exercices à finir...." Et Clodhbert lui tourna le dos sans lui laisser le temps de répondre. À tout instant il s'attendait à entendre une insulte ou bien le garçon passer la barrière qui les séparaient pour lui tomber dessus mais rien...

Il laissa passer un court moment avant de se retourner pour voir Cordan partir vivement en direction des seigneurs. Dans le fond de la cour Annalior avait observée de loin le face à face mais à cette distance Clodhbert était incapable d'analyser son visage...

C’est avec exaspération, que les deux amis, Chléric et Clodhbert, apprirent que les Doralung allaient rester encore une bonne semaine à Granfond. Le seigneur Trodor avait à faire dans la région et Philibert avait pris à cœur de leur offrir l’hospitalité toujours dans le but de sans faire une réputation.

La semaine fut longue ! Cordan et Chléric frôlaient systématiquement l’affrontement envers Clodhbert ce n’était pas mieux le jeune Rouergue n’avait droit qu’à des grognements ou au mieux à des silences associés d’un regard assassin… Et dans toute cette folie, Annalior était là lumineuse : elle irradiait de sa présence à chaque fois qu’elle arrivait quelque part… A son plus grand étonnement, cette fille qui paraissait inaccessible se laissait toujours aborder avec une grande facilité. Elle n’ignorait jamais ses prises de paroles et même de temps à autre lui demander son avis. Déjà que l’ambiance était électrique entre Chléric et Cordan, le comportement d’Annalior n’arrangeait rien ! Mais lorsqu’il était en sa présence, Clodhbert n’avait pas envie de penser aux conséquences. Leur père Trodor ne semblait pas voir le jeu de sa fille ni la tension qui s’installait peu à peu entre les garçons. Il allait et venait à l’extérieur du château pour s’occuper de ses affaires extérieures.

Le matin après l’entrainement le Vicomte fit appeler son fils ainsi que Clodhbert dans son cabinet. Les rideaux étaient tirés pour conserver la chaleur de la pièce et le feu dans l’âtre n’éclairé pas assez il leur tenu propos :

« _ Les garçons, j’ai constaté que vous vous étiez rapprochés durant ses derniers jours. Et je vais avoir besoin de vous très prochainement… Comme vous le savez, le seigneur Trodor que j’ai gracieusement invité chez nous a pris le parti d’Alicia. Cependant depuis qu’il est ici j’ai pu découvrir qu’il n’a pas arrêté de visiter les seigneurs alentours, moi y compris pour tenter de les convaincre à la cause d’Alicia. J’ai pu convaincre Simon grand épée de me laisser tranquille en échange de ses informations et puisque Chléric n’est que chevalier Errant sa participation à un combat n’engage pas vraiment la famille. Donc Toi, Clodhbert tu partiras rejoindre St Gorn et toi Chléric tu partiras rejoindre Judith. Vous comprendrez que je compte sur votre amitié pour tenter rester en contact et d’informer Sir Simon via Chléric sur les agissements de Sir Gorn. »

Plus tard les deux amis se concertaient, sur leur inquiétude de la situation. Clodhbert avait accepté car le Vicomte le lui avait demandé par gratitude de l’avoir accueillis. N’ayant pas trop apprécié la façon de Sir Gorn de l’avoir recruté il estimait cela d’un juste retour des choses. Mais il était vrai, les deux jeunes gens n’avais pas encore d’idée pour établir une communication discrète.

Il ne restait plus que deux mois avant le rendez-vous… L’entrainement entre Chléric et Clodhbert était plus intense. Parfois même jusqu’à ce que son épaule le tiraille à cause de sa luxation. Clodhbert avait fait du chemin c’était certain !
L’après-midi avec le Vicomtes, les deux amis travaillait à l’élaboration d’un code au travers de banal nouvelles épistolaire en apparence...
Et enfin, le soir dans sa chambre il se remettait difficilement de ses courbatures. Heureusement Heinrich ne l’avait jamais lâché. Parfois il même celui lui frictionnait le dos pour lui détendre les muscles.

La famille Doralung n’avait toujours pas quitté Granfond tous pensés qu’ils partiraient en même temps pour le rendez de Sir Gorn.
De son côté, le Vicomte avait établi une surveillance discrète grâce aux fermes et aux travailleurs de la forêt pour être informé des allées et venues du seigneur Trodor. Et toujours, d’après ce que disait le seigneur Philibert, il en informait systématiquement la couronne…

Le temps passé, et les journées étaient rythmés entre les entrainements, la chasse, et les altercations avec Cordan. Le soir les repas ne se ressemblait jamais car entre les humeurs du frère et de la sœur rien ne pouvait jamais être prédit.
Ce soir-là Annalior avait été d’un tempérament plus ouvert, Cordan était donc insupportable, Chléric inquiet au possible et Clodhbert complètement aveugle aux ressentiments des deux autres.
Dans sa chambre, Rouergue se déshabilla pour laisser Heinrich le masser quand deux mains bien plus délicates se mirent à lui caresser les épaules. Le chevalier sans famille se retourna brusquement pour découvrir la belle les seins nus et les cheveux découvert. Mus par une attraction invisible les deux se rapprochèrent mutuellement l’un de l’autre pour s’enlacer.

La petite idylle du couple avait gardait son secret. Les rendez-vous discrets dans le bosquet voisin se suivaient avec les rencontres furtives dans la chambre du chevalier.
Ils étaient à la semaine suivante quand les choses se dégradèrent entre Chléric et Cordan. L’un en voulait à l’autre, et cette fois Chléric ne s’était pas laissé faire, les deux étaient en venus aux mains et Cordan avait le dessus. Clodhbert s’était précipité à son tour pour aider son ami. Et après quelques coups de poings et prises de forces, Cordan fut écarté malgré lui de Chléric avec la lèvre en sang. « Mon frère ? »

L’interpellation d’Annalior empêcha Cordan de retourner à l’attaque et il s’éloigna vers elle, avec la relation secrète qui l’unissait à elle, Clodhbert pensait qu’elle œuvrait pour l’apaisement de son frère. Elle regarda sa lèvre, réajusta ses habits et lui glissa un mot à l’oreille. Cordan entra alors dans une fureur rouge ! Il se précipita sur le chevalier à l’écu couvert mais Clodhbert esquiva le coup de poing que Cordan avait préparé.

« _Tu n’es qu’une vermine ! Personne ne te veut même pas ta famille et tu oses convoiter ma sœur ! Je te tuerais ! Cordan envoya tous son corps en avant.
_ Je n’ai pas forcé ta sœur… Clodhbert l’évita à nouveau.
_ Mon frère si vous souhaiter être garant de mon honneur faites-le s’il vous plait comme il se doit ! »

La belle avait levait son masque, ce qu’elle aimait c’était qu’on se bat pour elle… Voilà pourquoi elle venait de dénoncer leur couple. Le frère s’inclina face à sa sœur et il défia Clodhbert à la joute. L’histoire de la dernière joute du jeune Rouergue n’était un secret pour personne et Cordan espérait bien en jouer.
La règle la plus simple avait été édité : une seule lance par adversaire jusqu’à la première chute d’un des deux adversaires !

Cordan s’était présentait avec son armure étincelante et son destrier aguerrie, Clodhbert n’avait que son vieux haubert rapiécé, son épée ébréchée, son écu recouvert et son coursier vieillissant… Au côté de Rouergue, Chléric lui parlait des quelques points faibles qu’il avait déjà constaté chez Cordan, dans sa voie on sentait une pointe d’inquiétude mélangée avec je ne sais quoi d’admiration et Heinrich avait déjà préparé ses ongans et ses bandages.

La Reine de la lisse se positionnait au milieu et attendait silencieusement que les deux rivaux soient prêts. Son attitude était désabusée se qui laissait deviner à Clodhbert qu’elle était coutumière du fait.

Elle lâcha un voile blanc pour donner le départ à la joute. Les chevaux obéirent du mieux possible à leur maitre ! Clodhbert appréhendait secrètement, cette fois-ci la course lui parut interminable avant que le choque ne survienne. La tenue de sa lance était fragile mais il la tenait bien stable, il sentait son épaule chauffer sous l’effort de son bras d’arme et quand les deux chevaliers se rentrèrent dedans un énorme « CLAK » se fit retentir…

Cordan avait fait une tentative au dernier instant pour viser la tête de son adversaire, mais réactif, Clodhbert avait opposé son bouclier. La manœuvre avorté et aucun des deux n’avait finalement touché l’autre, ni brisé sa lance. Cependant Clodbhert avait senti passé le choque et son épaule s’était de nouveau démise…

Son cheval le ramena à son camp il était plié en deux par la douleur, comme s’il revenait subitement en arrière de trois mois ! Voyant cela Heinrich et Chléric se jetèrent sur lui et sans attendre une seule seconde ils lui remirent l’épaule en place dans un horrible craquement… Submergé par la douleur du déboitement Clodhbert ne sentit même pas la différence avec de la remise en place de son épaule. Malheureusement il n’avait pas le temps de se remettre de sa douleur que déjà il fallait retourner en lisse.

Annalior, le visage espiègle donna de nouveau de top départ pour que les deux chevaliers s’élancent l’un sur l’autre dans une charge sauvage. Clodhbert avait pris le pari de reposer son bras le temps de la cours, aussi sa lance n’était-elle pas alignée à l’écu de son ennemi. Très confiant de cette attitude suicidaire Cordan se servit de son écu pour bloquer sa lance afin d’avoir plus de justesse. Surmontant sa fatigue et sa douleur Clodhbert redressa son arme au dernier moment il visa surtout comme il put mais le bouclier bloqué de Cordan fit dévier la lance de Rouergue pour la précipiter dans son ventre ! Clodhbert n’arriva à voir seulement que sa lance se briser puis il dépassa son adversaire. Le chevalier à l’écu recouvert était encore en scelle…

Quand il se retourna Cordan était à terre se tortillant au sol. Chélric et Heinrich se précipitèrent sur lui sous le choc son esprit s’était déconnecté mais peu à peu il reprenait pied dans la réalité et encore une fois une horrible douleur lui pris l’épaule. De nouveau elle n’avait pas tenu le coup et ses deux amis durent la remettre en place. Clodhbert hurlait toute sa rage. Mais la douleur laissait peu à peu la place à l’engourdissement. Alors qu’il n’était plus sur sa monture, se tenant le bras encore fragile, il s’avança lentement vers le garçon à terre.

Essoufflé par l'épreuve de son épaule plus que par la joute, il se rapprocha de Cordan. Étrangement, Clodhbert redoutait de l'avoir gravement blessé. À terre, le chevalier belliqueux se tortillait encore sous la douleur. Sa maille et sa broigne étaient déchirées sur tout le côté gauche, il était difficile d'estimer la gravité de la blessure sous les différentes épaisseurs d'habit mais ça saignait abonnement:
"_ Cordan... Vous êtes un brave. Clodhbert avait encore du mal trouver un rythme de respiration. J'espère que vous vous en remettrez, et tâchez dorénavant de ne plus chercher querelle à qui que ce soit."

Il commençait à s'éloigner du garçon a terre quand celle qui n'était plus pucelle se rapprocha de lui :
"_ Vous avez lavé mon honneur chevalier...
_ Vous n'étiez déjà plus pucelle avant moi... Mais le sang de la chevalerie vous en effectivement blanchis, occupez-vous de votre frère, il en aura bien besoin..."

Clodhbert laissa la belle sur place et rejoignit ses amis. Il imaginait facilement le calvaire que Cordan aller passer. Quoi qu'heureusement pour lui le dernier moi d'hiver venait de se finir et il n'était pas désavoué par son père.

La blessure de Cordan avait précipité le départ des Doralung. Mais malheureusement la semaine suivante Clobhert ne pouvait toujours pas s'entrainer à cause de son épaule incapable de tenir en place... La Chirurgie d'Heinrich n'y pouvant rien, Gontrand le maître d'arme, clamait haut et fort que les progrès de Clodhbert allaient bientôt être réduit à néant si l'on n’y faisait rien...
la semaine suivante, Le Vicomte fini par appeler le chevalier blessé dans son cabinet plein d'appréhension Rouergue pénétra dans le cabinet et s'assit. La différence avec la dernière fois était palpable, tous les rideaux étaient ouvert et même les vitres pour laisser entrer l’air du printemps naissant :
"_ J'espère que tu es fière de toi ? Te voilà blesser, tu ne pourras pas assumer ton rendez-vous. Et Maintenant que cette famille de pique assiette est partie se sera plus difficile de les surveiller... Mais je dois je t'avouer que c'est désagréments ne sont rien par rapport à la leçon que tu as donné à ce prétentieux de Cordan, bravo pour ça.
_ Merci mon seigneur... Mais c'est vrai que je me suis bien arrangé dans tout ça, je suis désolé.
_ Enfin, tous n'est pas perdu... J'ai mis une semaine à les convaincre de venir. Mais ils sont là pour toi. Il parait même que tu les as déjà aidé."

Philibert de Cadras se leva et alla ouvrir une porte à l'arrière de la pièce, derrière se trouvait le bucheron et sa fille. Le seigneur donna une bourse au paysan en lui promettant le silence.
La jeune Yvrenne s'approcha de l'épaule faiblarde, y posa c'est mains et le miracle se produisit à nouveau. Il sentait les choses se remettre en place à l'intérieur de lui, des craquements, des piques de douleurs et puis plus rien...
Aucune position ne lui faisait plus mal ni ne le gênait, plus de cicatrise, tout était comme neuf !

La petite s’éloigna sans rien dire. Alors que Clodhbert s’attendait justement à une phrase mystique… Cela dit le regard de l’enfant était plus triste que la première fois. Comme si elle n’avait plus l’insouciance de son âge, comme si elle pressentait un évènement malheureux. Alors, comme elle s’était ouverte, la porte se referma sur le père et sa fille.

Après un examen d’Heinrich qui n’en revenait, pas l’entrainement pus reprendre. D’abord rattrapé le retard accumulé en une semaine. En suite progressait à nouveau… Chaque jour du dernier mois qu’il lui restait Chléric et Clodhbert échangeaient les passes d’arme, joutaient, revoyaient ensemble leur codage épistolaire. Les trois semaines passèrent très vite mais avec une douceur de vivre qui m’avait d’égale que la douceur du printemps.

Il ne restait plus qu’une semaine avant le rendez-vous et c’était justement le temps de voyage qu’il fallait compter. Clodhbert laissait les servants rangeait ses affaires, laissait les palefreniers et les pages s’occuper de son cheval et mais il ne put s’empêcher d’aider l’écuyer à boucler son armure. Le fils du Vicomte en faisait de même. Ils partirent ensembles, Chléric été suivis d’un écuyer alors que Clodhbert était toujours secondé d’Heinrich. Celui-ci avait eu le choix de son avenir mais avait choisi le jeune chevalier. Curiausité ? Amitier ? Inquiétude ? Rouergue ne savait pas vraiment ses motivations. Ils firent une courte halte à la chapelle de St Annabelle où le père Abritaeus eu peine à le reconnaitre. Et au bout d’un moment, à la croisée d’un chemin les deux amis se serrèrent la main avec un regard sincère, allaient-ils se revoir un jour ? Allaient-ils rester amis malgré la tourmente qui allait dicter leurs actes ?

C’est avec un avenir incertain que chacun pris son propre chemin.

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Heinrich déposa son sac au sol, s’assit sur le nouveau casque de Clodhbert et retira son soulier pour en extraire une pierre en soupirant.


-D’après le vieux bûcheron, nous devrions atteindre l’arbre Griset demain. La population du coin se plaint déjà d’actes de brigandages, il y a fort à parier qu’une partie de l’armée de Sir Gorn, nous est précédée.


Une fois de plus le suivant avait raison, le lieu de rendez-vous était une vaste colline en pente douce ceinturé par une rivière, elle était entièrement nu mit à part un grand arbre mort à son sommet. Une petite armée bivouaquait sur le relief. De nombreux petits campements s’entassaient autour de leurs bannières multicolores. Les blasons indiquaient que leurs propriétaires venaient des quatre coins de la Bretonnie. Les chevaux étaient pour la plupart attaché au bord du cours d’eau sous la garde de nombreux manants. Le jeune chevalier errant évalua leurs nombres à deux cents et au moins le triple de sergents et de pages.

Les compagnons se dirigèrent naturellement vers le centre de cette attroupement, personne ne leur barra le passage, les rares sentinelles surveillaient uniquement les biens de leur propre seigneur. De l’intérieur le manque de cohésion de la troupe était flagrant. Sous l’arbre était planté un grand pavillon plutôt simple aux armes de la famille Ersente précisa Heinrich. Petite maison sans importance d’où était issus la seconde femme du baron Adalbert. Devant l’abri de toile installé derrière une table à tréteaux se trouvait un grand et maigre chevalier. Il était vêtu d’une robe soulignant son faible statut et paraissait un peu perdu. Il se leva à l’approche de Clodhbert avec un air rassuré de rencontrer enfin quelqu’un inférieure à lui. Heinrich annonça son maître et l’ayant fait reconnaître comme noble, l’autre se présenta à son tour.


-Salutation chevalier, je suis sir Henry Ersente, oncle de la baronne Alicia des Marches de couronne. Et de par ma position d’ainé mâle de ma famille, protecteur des droits de ma nièce et général de son armée. Si vous êtes là c’est que vous connaissez sir Gorn de Parravon le champion de notre cause. Il est actuellement à la chasse, prenez vos quartiers où vous voulez. Tous les chevaliers sont conviés au repas du soir ici même. Nous devrions rester encore ici quelques jours en attendant tous les obligés, puis nous marcherons probablement sur le château du miroir où Simon grande-épée tient cour.

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En voyant le campement de l'armée, Clodhbert n'eût qu'une seule réaction : un soupir... Pour sa première campagne, ça ne ressemblait certainement pas à ce qu'il s'imaginait d'une armée Bretonnienne... Le jeune chevalier était persuadé que Chléric avait de meilleurs conditions... Enfin quelque part cela le consolait dans le sens où : vue le petit nombre et la disparité des combattants, il lui semblait peu probable, que cette armée puisse vaincre quoi que soit...
Après sa présentation au chambellan de la troupe, les deux voyageurs se trouvèrent un coin où installer leur tente.
A vrai dire, en regardant le monde autour de lui, le jeune chevalier se demandait ce qu’il faisait ici… Depuis le début il n’avait pas vraiment réalisé qu’il jouait sa vie dans cette affaire. Il n’avait jamais fait de bataille. Et soudains des pensées sombre le prenait, maintenant il comprenait qu’il devait être valeureux… Ne serait-ce pour ne pas fuir ou pour suivre à la bataille…

Alors qu’il ne cherchait pas vraiment le contact auprès de ses voisins de tente, un jeune chevalier comme lui se présentât :
« _ Bonjour, je suis Frédéric Berduin, tu es chevalier Errant toi aussi ?
_Oui… Clodhbert. Heinrich pensa juste de préciser :
_Mon maitre ici présent est un chevalier ayant interdiction de cité sa lignée… Clodhbert ne pouvait nier la vérité mais trouvait toujours un peu gênant à chaque fois qu’il précisait se fait de peur d’être pris pour un paria…
_Je vois, mon père soudain Alicia, il m’a donc envoyer ici… Et toi ?
_J’ai perdu une joute contre Sir Gorn… Clodhbert se sentait un peu penaud, entre le Heinrich et sa défaite, décidément rien n’était fait pour lui redorer le blason…
_J’aimerais dire pas de chance, mais je ne connais pas grand monde capable de battre Sir Gorn à la joute… N’ayez pas honte de ça. Tu as déjà participé à des batailles ?
_Non, ce sera ma première.
_J’ai déjà deux combats à mon actif pour d’autre circonstances. Tu voudras te mettre à mes côtés pour le Fer de Lance ?
_Avec plaisir… Rouergue, ne connaissait rien de ce gare là mais il n’avait pas l’aire trop désagréable il accepta plus par politesse qu’autre chose. »

L’après-midi passa et alors qu’il allait se mettre en route pour le repas du soir il aperçut plus loin une bannière qu’il redouta malgré lui… Doralung… Au milieu d’un groupe de Chevaliers Errants ce qui ne signifiait qu’une seul chose : Cordan était là… Il avait certainement dus être soigné par magie, comme Clodhbert lui-même. Cela dit Clodhbert se rassuré de se dire qu’à leur dernière rencontre, Rouergue avait été victorieux. Mais il préférait se méfier.

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A côté du vieil arbre des serviteurs avaient installé des tables et de quoi s'asseoir, les chasseurs étaient revenus en fin d'après-midi. Au vu du gibier, la viande ne manquerait pas, les cuisiniers des camps rassemblaient autour de grands feux s'activaient à la préparer. De la musique se fit entendre et tous les gens de nobles naissances se rassemblèrent. Le général Ersente les accueillis différemment suivant leurs statuts, alors que Sir Gorn vêtu d'un magnifique pourpoint de fils d'or avait d'attention que pour les plus grands. Clodhbert se retrouva relégué loin de la table des barons. On pouvait voir de nombreux chevaliers de la quête, mais aucun chevalier du graal. Les vaincus étaient de loin les plus nombreux de la troupe, les véritables partisans étant rare tant le parti de la dernière-née était faible. Malgré le ressentiment du jeune Rouergue, le mérite du paladin de Parravon forçait son admiration, qu'un guerrier est réussi à vaincre autant d'adversaires et à leur faire jurer fidélité, même temporairement était digue des romans de geste. Il avait levé une armée sur sa seule valeur, tous ses hommes, étrangers les uns avec les autres, étaient désormais uni par le jeu des serments et des liens de parenté à une cause initialement perdue.

Deux trompettes sonnèrent l'arrivée d'Alicia, avoir recours à cette mise en scène pompeuse avait quelque chose de décalé au milieu de ce camps fait de bric et de broc, les deux manants qui faisait retentir la note appartenaient au vicomte Amori alors que le chambellan qui fit l'annonce d'une voix forte était de la clientèle du seigneur de Casteldorieux. On était assis sur des troncs mal équarri, mais on se donnait des airs de cour princière. Clodhbert aurait pu s'en amuser, mais la petite prétendante apparu est capta immédiatement sa totale attention. Sa robe simple contenait mal son indiscutable beauté, malgré son évidente jeunesse son corps dégagé une troublante sensualité. La dernière fille du baron Adalbert n'avait pas plus de onze ans, qu'une enfante si jeune provoque ce type de réaction avait quelque chose d'inhabituel, pour ne pas dire de maléfique. Les sens du jeune chevalier étaient ébahis, mais quelque chose dans son esprit hurlait des avertissements.
Alicia salut discrètement l'assemblée, avant de s'asseoir sur le siège préparé à son intention, Sir Gorn s'interposa devant elle, la lueur de ses yeux confirmant l'envoutante emprise de la fillette sur son champion.


-Mes seigneurs ! Attaqua le paladin. Je me félicite que vous ayez tous respecté votre parole et soyez venu à mon appel. Mon compagnon Olivier de Moussillon est parti hier afin d'apporter ma lettre de défi à sir Simon. Dans deux jours nous partirons pour la vallée de l'Iroise et nous y attendrons l'ost de l'usurpateur. Dans ce vaste champ nous ferons triompher la justice en plus de nous couvrir d'honneur et de richesse. Notre général Sir Henry renonce à prélever une part sur les rançons. La totalité reviendra donc aux hommes suffisamment graves et vaillants pour s'emparer de la personne de ses ennemies.


La dernière annonce fait réagir favorablement l'assistance, les demandes de rançon étaient la manière la plus simple avec le pillage de faire de l'argent et la richesse étant un signe de grandeur sociale tous ou presque la recherchaient.


-Le seigneur de la garde grise a refusé de se rallier à l'héritière légitime et entend gêner notre progression. Nous avons donc décidé de lui faire payer cette traitrise. Sir Kirian partira demain avec une quarantaine de sergent monté, porter la destruction sur ses terres. Il aura pour mission d'aveugler ses gens pour que l'effectif exact de notre ost reste secret.


Pour Clodhbert, cette mission n'était assurément pas une promotion pour ce chevalier, le saccage de campagne ne rapportait pas grand-chose de glorieux et était d'ordinaire délégué aux manants ou aux mercenaires. Pour le jeune homme l'honneur d'un noble ne pouvant que s'abîmer à voler du bétail plutôt que de chercher l'affrontement avec les chevaliers ennemis.


-Un instant, vaillant preux. Réclama Cordan


Sir Henry se pencha pour chuchoter quelques mots à l'oreille de sir Gorn, qui donna la parle au fils Doralung

-J'ai fait la connaissance d'un homme dont les manières iraient à merveille pour participer à cette chevauché. Il s'agit de Clodhbert qui est assis là-bas.


L'assemblée se tourna vers la direction indiquée, mettant le fils de Suidebert au centre d'une désagréable attention. Le champion ne sembla pas très satisfait de l'intervention.


-Il rejoindra donc les rangs de Sir Kirian, mais au vu de vos propres propos, vous les accompagnerez.


Le visage du rival vira au rouge, mais il ne releva pas.


- Les honneurs s'acquièrent par la prouesse et la vertu, pas par la manœuvre sournoise. Poursuivit le chevaucheur de pégase, finissant d'humilier le jeune chevalier.


Le général Ersente leva sa coupe


-pour Alicia


Tous les nobles firent de même et le repas commença.


§§§


Sir Kirian était une authentique brute, un véritables chien enragé et Clodbert s'en aperçu aux premiers mots échangés. Sans moral et sans manière il se révéla le plus déplaisant chef que le jeune chevalier est rencontré. Ses hommes étaient sortis du même moule, sans avoir du sang bleu pour compenser. La stratégie était simple, elle consistait à se rependre dans la campagne en saccagent tous afin d'attirer l'attention, de disparaitre avant d'être rejoint et enfin de recommencer le plus longtemps possible. La mobilité était essentielle et Heinrich ne possédant pas de monture, il fallait se résoudre à le laisser dans la troupe principale. Les deux grands adolescents se serrèrent dans les bras, se recommandant aux dieux avant de se quitter.
Revêtu de son haubert, coiffé de sa barbute, Rouergue enfourcha son cheval, son arme tirait sur sa ceinture, la guerre, la sale commençait.

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Il ne semblait pas il y avoir beaucoup d'échappatoire pour Clodhbert... Il s'attendait effectivement à ce genre de réaction de la part Cordan, comme quoi, se gamin en était réellement un pauvre frustré à cause de la vanité de sa soeur...

Après le repas, alors qu'il préparait ses affaires, Frédéric Berduin s'inquièta :
"_Vous prenez une drôle de promotion... Mais c'est notre devoir de Chevalier... Je suis de tous coeur avec vous.
Clodhbert était bien embêté par la tournure des évènements, mais il n'avait pas chois... Il y avait peu de choses que Clodhbert pouvait faire.
_Auriez-vous un pigeon ? J'ai promis à mon mentor de lui donner de mes nouvelles... Je n'ai pas encore eu le temps de le faire.
_Bien-sûr mon ami, mes sachez que je suis déçus de ne pas chevaucher avec vous demain...
_Ouai... Pareillement.

"Cher Seigneur,
Sachez qu'ici on m'emploie pour se qui est prévu. C'est à dire une charge valeureuse où je vais affronter de vaillants chevaliers #on n'ordonne d'attaquer des paysans #.
Depuis la dernière fois ma blessures #ma cible#dirige la garde grisâtre de mon épée. Mais j'espère m'en sortir tous de même avec honneur #j'essairais de sauver des vies#.
Je revois encore les brebis #ici les chevaliers# de vos terres au nombre 80# on ne garde que le premier chiffre multiplié par 12# j'espère les revoir encore."

#Traduction du seigneur Cadras#

Clodhbert remit sa lettre à Frédéric qui y jeta un coup d'œil puis ajouta de rediriger cette lettre sur le château de Granfond.
Le chevalier attacha la lettre à un de ses volatils puis se retourna vers Clodhbert :
"_J'espère que votre blessure ne vous trahira pas..."
Frédéric n'avait manifestement pas vu le code il eu même un regard compatissant et il fit partir son pigeon.

Le lendemain quand il intégra la troupe de Kirian, Clodhbert déchanta encore plus en voyant les cavaliers qui allaient les accompagner... Ils avaient encore plus l'air de détrousseurs que d'autre chose...

Devant cet brute de Kirian Clodhbert savait qu'il devait faire le change. Ce qui n'était pas dure vue les criminelles corrompue qu'étaient ces sergent là. Du coup il se comportât avec arrogance envers eux avec facilité et il joua le renfrognement, presque comme s'il se comportait comme une caricature de se qu'il imaginait d'homme brutal est suffisant.

Pendant le voyage, Clodhbert se contentait du minimum en relation, essayant de faire voir de lui une facette peu agréable. Pour autant il ne fallait pas se faire des ennemis parmi la troupe... Mais Clodhbert n'était que chevalier Errant, un paladin comme Kirian était élevait au dessus de lui mais les soldats montés eux, ne pouvaient rien contre le jeune chevalier.

Mais le voyage fut difficile... Kirian était insupportable, il avait à peu de chose près le caractère de Cordan. Et sous les ordres implicites de leur commandant habituel, ses hommes n'avaient aucun scrupule à chahuter le jeune écervelé.
À midi, à force de râl le bol, il en vint aux mains avec l'un des bouseux.
Fort de sa dernière victoire contre Cordan, même si cela commençait à remonter, il tenait tête et ongle. Associant facilement sa situation au jeune bagarreur qu'il avait déjà vaincu. Cette transposition l'aidait à garder suffisamment d'assurance en lui. Mais voyant le temps passer et la marche ralentir, Kirian fit cesser la prise de bec.

Dans l'après-midi, le village fut en vue.

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Les éléments de tête firent halte au sommet d'une colline pour que la troupe se rassemble, en contrebas les habitants les ayant aperçus commencèrent à s'agiter. Ser Kirian regarda quelques secondes les manants courir dans tous les sens.


-Gourin, prends cinq hommes et fait le tour par le taillis à sénestre, tu me rassembles les fuyards avant qu'ils franchissent la rivière. Tu ne ramènes tout ce qui a de la valeur.

-Chef ? Se hasarda Cordan. Ce village n'est pas sur les terres de la Garde grise.

-Et alors ? Lâcha méprisant l'officier en éperonnant sa monture.


Les soudards emboîtèrent le pas à leur meneur et bientôt les cavaliers pénétrèrent dans le village. Ils franchirent la clôture au petit trot, tenant négligeant leurs armes bien visibles. Sur la petite place centrale un groupe d'une cinquantaine de paysans se tenaient serrés les uns contre les autres, leurs regards angoissés passant d'un soldat à l'autre.


-C'est encore moi, entonna Ser Kirian, j'ai apprécié forcer la fille blonde à mon dernier passage et je suis d'humeur à recommencer. Apportez la moi ainsi que de quoi boire et je repartirais. Faites mine de trainer sales gueux et c'est sur vos cadavres que je prendrais ce que je veux.


Le teint du visage des laboureurs vira au blanc cireux. Depuis la rue derrière eux arriva un groupe de femmes poussait rudement en avant par les six derniers fourrageurs, parmi elles, une jeune fille épouvantée aux cheveux claires semblait chercher désespérément une échappatoire. Des hommes probablement de sa famille s'élancèrent pour s'interposer, mais les coursiers leur coupèrent le passage et leurs propriétaires les renvoyèrent violemment avec les autres. La tuerie semblait imminente lorsqu'une voix puissante focalisa l'attention de tous sur elle.


- Chevalier, Où est votre honneur ?


Émergeant d'entre deux masures, un guerrier se glissa d'autorité entre les deux groupes, la forte odeur de son destrier excitait les montures des sergents qui d'abord surpris lui laissèrent le passage. Le nouveau venu était recouverte d'une imposante armure cabossée et couverte ça et là d'oxydation, son heaume pendu à sa selle ne couvrait pas sa face maigre et totalement glabre. Il ne possédait pas d'écu, mais son gantelet droit serrait la fusée d'une épée dépassant les sept pieds.


-Que des gens de peu se livrent à du brigandage est compréhensible, leur sang faible les poussant aux vices, mais que des nobles s'y adonnent et une abomination que la Dame m'oblige à punir.


Sir Kirian prit une moue faussement ennuyé.


-La première vertu est l'obéissance. Je suis les ordres. Tire toi je n'ai pas de temps à perdre.


Le courageux était un combattant aguerrie, mais sa protection semblait bien maigre contre une tel nombre d'adversaire. Déjà un cavalier le visage ravagé par la petite vérole encochait une flèche alors que le reste de la troupe se déployait autour de leur opposant. Cordan visiblement excité dégaina son braquemart.

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Clodhbert se sentait seul contre tous. Il n'était pas vraiment d'accord avec ce qui était entrain de se passer.
Une option intermédiaire aurait été de s'arranger de faire fuir les paysans pour qu'il n'y ai que des dégâts matériels c'était encore ce qu'il y avait de moins grave.
Mais les soldats ayant prit le village à revers mettait cette idée à mal.
Une autre solution était de jouer sur les honneurs de chacun mais avec Kirian c'était pas gagné. Après tout Clodhbert ne connait pas Kirian et peut-être celui-ci était-il un piètre combant et le vieux en armure (chevalier ? bourgmestre ? ou prévôt ?) réservait-il peut-être des surprises ? Cela dit, mieux fallait partir perdant pour ne pas être déçu.
Enfin une troisième option : Clodhbert était étonné de la réaction de Cordan face à la situation. Et après tout c'était à cause de ce dernier qu'il se retrouvait ici... Voulait-il de l'aide pour ne pas se déshonorer dans cette mission ? Ou simple vengeance ?
Il était un peu tard pour s'intéresser à la question. Clodhbert revint à la possibilité précédant avec une légère variante : il pouvait se charger du duel lui même pour être sûr d'accorder la victoire au guerrier !
"_Seigneur laissez moi me charger de ce pantin décrépie. Il n'a pas à vous parler ainsi. Laissons donc la Dame juger de la vertus de notre présence ici."

Clodhbert s'avança l'arme au point en position de défi.Et s'adressa au Guerrier en armure :
"_Si je vous bas, vous ne vous opposerez pas à nous. Par contre si vous me mettez à terre vos villageois s'en sortiront sans sévices ni dommages."

Clodhbert s'étant avancer, seul les paysans pouvaient voir son visage, étant assez proche pour distinguer les détails du visage de chacun Clodhbert lui adressa un clin d'œil.

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Ser Kirian et ses hommes éclatèrent d’un rire mauvais. Il semblait claire qu’aucun de ces pillards ne se sentaient engagés par la proposition du jeune homme. Ce manque de respect vis-à-vis de la parole d’un chevalier en disait long sur le décalage entre les idéaux de Clodhbert et ceux de ses compagnons.


-C’est dommage pour toi, gamin. Tu vas manquer le meilleur de la journée.


Le défenseur des faibles regarda dans les yeux celui qui se proclamait comme son adversaire et hocha la tête. Les soudards continuaient à se déployer, ils étaient maintenant disposé toute autour de la place enfermant dans leur cercle leurs très probables futurs victimes, l’archer, prêt à tirer, guettait un signal de son chef. Le preux éperonna sa monture et se dressant sur ses étriers attrapa fermement son arme la disposant dans une garde offensive. Le combattants n’avait pas la place pour prendre de la vitesse, les chevaux se croisèrent presque au pas, le justicier assena à l’adolescent une large taille en passant sur son côté gauche, mais le coup manqué de force et s’écrasa sans dommage sur l’écu.

Sitôt qu’il eut dépassé Clodhbert, le chevalier ordonna d’une parole sèche à sa monture d’accélérer, qu’un cheval d’un tel poids réussit cette manœuvre aussi rapidement tenait de l’exploit. La bête et son cavalier se retrouvèrent en un instant au niveau de Sir Kirian qui fut promptement jeté au sol à grand coup d’espadon. Un hurlement de rage s’éleva des rangs des fourrageurs qui s’élancèrent en avant.

-Avec moi les jeunes ! Ordonna le valeureux épéiste en se débarrassant d’un nouvel adversaire.


Son destrier franchi le cercle et dévala la rue en direction de la rivière, Cordan brandissant ses armes sur les talons


-Rattrapez moi ça ! Vociféra un sir Kirian passablement furieux.

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Clodhbert voyait une opportunité, les paysans étaient sur le point d'y passer et les chances de les sauver tout seul étaient inexistantes, même si tous n’était pas perdu il ne fallait attendre plus pour tenter de rassembler des forces.
Tirant sur les reines de son vieux cheval Clodhbert partit à la poursuite de Cordan ! Le vieux destrier était têtus quand le jeune chevalier croisa la route d'un des soldat de Kirian il ne put l’éviter et le cavalier fut percuté. Pour ne etre désarçonné le chevalier Errant poussa avec ses armes et corps pour être sûr de se dégageait le passage. Il continuait sa course et dans la vitesse naissante, Rouergue ne put voir si le combattant était tombé à terre ou était tout simplement bousculé.
Son épée et son bouclier armé, il dirigeait sa monture avec les jambes.

Alors qu’il se rapprochait de son ancien rival Clodhbert estimait être à portée de voix :
« _Cordan... Cordan ! Répéta Clodhbert de peur que l'autre ne l'ai pas entendu. Dis-moi que tu le suis pour les mêmes raison que moi...

Alors que le chevalier de quête franchissait les dernières maisons du village, Clodhbert voyait déjà son cheval s’essouffler et ralentir heureusement il arrivait sur le jeune Doralung. Clodhbert se préparer à tous de sa part. Allait-ils finalement se mettre du côté du chevalier de la quête ?

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-Reste avec les porcs, Sans honneur. Lui répondit méprisant le jeune homme.


Clodhbert fit l'épée de son rival s'élever, avant de s'abattre sur lui. L'acier mordit l'écu couvert et la monture de Cordan, plus rapide creusa la distance passant d'autorité dans un étroit chemin creux à la suite du Chevalier. Une flèche venant du village passa en sifflant à proximité avant que le fils Duralung soit couvert par les taillis. La large ornière débouchait après un petit pré, sur la rivière qui était large et peu profonde. Le puissant destrier la franchit sans effort apparent, le coursier suivant eut des difficultés à gravir la berge opposée. Les premiers hommes de Sir Kirian, débouchaient de la ravine et prenaient de la vitesse dans la prairie, lorsque le roncin de Rouergue attaqua le franchissement du cours d'eau. Le pied peu sûr, il glissa à plusieurs reprises sans réussir à désarçonner son cavalier. L'escalade du talus boueux qui constitué la rive demanda tous les talents de cavalier de l'adolescent. Sa bête semblait déjà épuisée arrivé en haut et les poursuivants étaient déjà en train d'attaquer l'ascension.
Péniblement le cheval reprit le trot et s'engagea dans la forêt qui couvrait ce côté de la rivière. Ils croisèrent un chemin forestier, sur la gauche Clodhbert aperçut le chevalier et Cordan s'engager dans une clairière, la végétation masquaient les pillards, mais le grondement de leurs sabots signalait leur proximité immédiate. L'animal familier prit peur et ressemblant ses forces s'élança également hors du couvert des arbres, sa course était erratique et il semblait pouvoir s'effondrer à tout moment. A l'autre extrémité de la trouée, le preux leva distinctement trois doigts en l'air avant de nouveau disparaitre entre les taillis, Duralung toujours sur ses talons. La voix de sir Kirian encourageant ses soldats parvient aux oreilles de l'adolescent, la chasse n'était plus très loin. Rouergue avalant les derniers mètres à découvert, jetait des regards derrière lui, s'attendant à les voir apparaitre à tout instant.

Sitôt les premières futaies franchit, le jeune homme tomba nez à nez avec les deux cavaliers qu'il suivait. Ils avaient stoppés à couvert et ils n'étaient pas seuls. Habillé de hardes vertes, le visage sale et les mains pleines d'arcs, de flèches, de gourdin et de haches, les bois alentour grouillaient de manants. Cordan s'avança menaçant vers le nouvel arrivant quand il fut arrêté par la voix autoritaire du brave


-Quelle que soit la raison de votre rivalité, elle devra attendre. Ils arrivent. Tenez-vous prêt !


En effet, les hommes d'armes étaient tous proches, leurs montures lançaient au grand trot dans la prairie. Un sifflement retentit et le bruit sec de la détente des arcs couvrit presque le bruit de la cavalcade. Des hurlements de chevaux lui revinrent en écho.


-En avant compagnon ! Pour la Dame, hurla le chevalier en éperonnant son destrier.


L'autre garçon jeta un regard noir à Clodhbert avant de suivent le preux. Le roncin semblait trembler entre les jambes de l'adolescent, personnes faisait attention à lui.

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La course avait mis à mal son coursier, il ne lui en avait jamais demandé autant ! Lui aussi avait eu le cœur qui battait la chamade, presque épuisé par autant d’émotion, il pensait y rester, rattrapé par ses poursuivants.
Mais une fois arrivé au niveau des deux chevaliers et une fois ignoré l’agressivité de Cordan, Coldhbert n’avait pas de quoi se reposer, ni son cheval d’ailleurs

Une fois passé l’étonnement du jeune Errant découvrant la troupe du vieux Quêteux, les hommes de Kirian arrivèrent déjà ! Clodhbert s’aligna, s’arma, et prit une demi-seconde pour caresser l’encolure de sa bête à bout de souffle. « Encore un peu mon vieille ami »
« Ma Dame, protégez moi. Et pardonnez-moi d’en demander autant à ma monture, faites que mon bras soit sûr et puisse défendre la justice en Bretonnie ! »
Sur cette fin de prière, Clodhbert lança son cheval comme le Chevalier et Cordan !
« Pour la DAME ! » S’écria-t-il a l’instar de son aîné…

Malgré la fulgurance de la contre charge que proposée les chevaux des deux autres chevaliers, Clodhbert n’avait pas la capacité d’en demander autant à sa monture. Aussi aura-t-il moins d’impact et moins de mobilité.
Mais dans le combat qui allait se présentait de suite après la charge, autant que faire se peut, il restera plus ou moins immobile, il n’en demandera pas à plus son cheval.

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Hagen

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MessageSujet: Re: Les songes de Grosswald    Ven 1 Juil - 17:24

Les trois chevaliers déboulèrent des taillis, au grand trot. Le grand destrier prit la tête, ses cousins moins puissants se rapprochèrent dans son sillage, les jeunes nobles près à couvrir les arrières de leur ainé. Dans la clairière les pillards désemparés tenter de se regrouper sous les tirs des cagoules. Le trio leur tomba dessus et les obligea à rompre. Devant l’assaut le début de rang s’ouvrit pour ne pas être percuté et les attaquants se retrouvèrent au cœur du groupe frappant de gauche et de droite.

Les rudes soldats se défendirent avec efficacité et professionnalisme, leurs jaques épais les protégeaient convenablement des flèches que leurs grands écus ne stoppaient pas. Malgré leur position inconfortable ils ne paniquèrent pas, se couvrant les uns les autres des différentes menaces et refluant vers l'orée de la forêt. De nombreux combattants étaient blessés par les traits ou suite à leur chute de cheval, mais les assaillants manquaient d'effectif pour se concentrer sur ces éléments vulnérables. Clodhbert enchaînait les passes, mais ses adversaires étaient coriaces et expérimentés tentant sans cesse de diviser leur petit groupe. La situation se compliqua très vite quand Sir Kirian dans un premier temps désarçonné, se fit céder un coursier par un subalterne et porta l'assaut contre le jeune homme.

Le chef des fourrageurs n'était pas le bretteur le plus fin, mais il était fort et connaissait son affaire, de plus il était épaulé par un grand borgne monté sur un beau palefroi. L'adolescent dut se démener pour repousser l'avalanche de coup qui s'abattit sur lui, rapidement ses bras furent engourdit sous les chocs et son casque reçu quelques impacts de plus. Moins bien monté Rouergue était sens cesse percuté par les poitrails des chevaux ennemis. Il se sentait trop lent pour exploiter les failles de ses adversaires et toutes ses frappes étaient repoussées. L'affaire virait sérieusement à l'aigre, la maille de son épaule empêcha une épée de pénétrer ses chaires, mais l'impact lui meurtrit l'articulation. Sa lame se ficha dans la tranche de l'écu de Kirian et la poignée fut arrachée de sa main. Clodbert eu juste le temps d'ôter la guige de son bouclier avant que ses probables meurtriers reviennent à la charge. Le jeune chevalier parvint à détourner les assauts en brandissant sa protection des deux mains.

L'arrivée imminente de paysans armés contraint les derniers pillards valides à rejoindre le reste de leur bande. Le chevalier leur donna la chasse jusqu'aux premiers arbres puis laissa les archers prendre le relais. Le fidèles roncin se coucha sur le flanc après des signes évidant d'épuisement. Un grand maigre habillé d'un patchwork de tissu sombre, accouru.


- Faut l'faire marcher p'ur le sécher, ou va crever la p'ovre bête.


Sans plus demander son avis au jeune homme, le manant saisit les rennes et contraignit l'animal à se relever, couvrant les hennissements déchirant par des cris d'encouragements. Clodhbert victime d'une brutale chute d'adrénaline, commença à accuser le coup. La prairie était parsemée de matériel et de corps. Sir Kirian avait laissé cinq soldats au tapis.
Un grand rire détourna l'attention de l'adolescent, le paladin revenant du choc congratuler chaleureusement Cordan resté à cheval, puis il démonta pour donner également l'accolade à Rouergue.


-Bravo, les gosses. Quelle belle journée !On les a bien rossé ses cochons là.


Visiblement d’excellente humeur, il félicita également toutes les cagoules qui passaient à côté. Non loin un petit attroupement c’était formé autour d’un pillards blessé. Le gaillard avait pris une flèche dans la cuisse et grogner tant et plus. Les manants le regardaient visiblement sans savoir que faire.

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Il avait survécu à sa première bataille et il revenait peu à peu sur terre. Une partie de son équipement était abîmé et son cheval était entre la vie et la mort. Lui-même avait une blessure dont il tentait de s'en détacher en apparence. Il ne voulait pas montrer sa faiblesse surtout devant Cordan.
Le chevalier de la Quête avait une mine très enjouée, cette bataille l'avait vivifié et quand il vint pour le féliciter Clodhbert lui rendit la pareille.

Autour de lui le jeune chevalier voyait les paysans ramasser les équipements des ennemis vaincus. Il y avait un blessé parmi les hommes de qui Kirian qui était encore à terre et Clodhbert trop loin ne peut rien faire quand les encapuchonnés abrégèrent ses blessures Non sans une pointe de culpabilité, le jeune chevalier Errant profita de la mort du cavalier adverse pour récupérer son cheval, son roncin était très mal en point et il n'était pas certain qu'il y survive. Clodhbert remarqua bien les discrètes moqueries des hommes de la forêt ou de celles de Cordans, le cheval ne c'était pas laissé faire de suite...

Clodhbert avait récupérer son équipements perdu et quand il reprit son épée en main il soupira devant l'état lamentable de cette dernière. On le hélas, il se retourna un des paysans auprès desquels il s'était battue lui tendait une épée. Elle provenait des objets abandonnés par l'ennemie. Certe, elle n'était sophistiquée ni même de première jeunesse mais elle était en bien meilleures état que la sienne. Quand il remerciant gentiment l'archer ce dernier lui montra les trois épées qu'il avait déjà sous son manteau non sans un léger sourire en coin.

Rouergue suivis le mouvement quand tous monde rentra au village. Cette fois-ci le rythme était beaucoup plus lent, il était sur le dos de sa nouvelle monture et chevauchait au près du vieux chevalier, répondant à ses questions, acquiesçant à ses affirmations. Il tentait d'ignorer Cordan mais s'apprêtait à une de ses injonctions à tous moment, éventualité qu’il n’avait pas peur d’affronter.
Une fois arrivé il fit voir sa blessure au rebouteux du village.

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Une vieille femme inspecta l'ecchymose de l'épaule de Clodhbert et secoua son visage ridé pour signaler son impuissance. La lame n'avait pas traversé la maille, mais la douleur suivrait le jeune chevalier plusieurs jours. Cordan lui était plus sérieusement touché, une longue estafilade marquait sa main droite là où le gantelet c'était disloqué. La fille blonde la lui pansait délicatement avec un lige propre. Autour d'eux les manants s'affairaient, certain rassemblaient des affaires d'autres allaient et venaient en s'apostrophant bruyamment. Un homme arriva sur la place, incroyablement laid, le corps lourd et les traits ingrats, déformés par les nombreuses cicatrises d'ancien sévices qu'il avait subi. Une violence difficilement contenu se dégageait de ses postures et de ses gestes. Son visage affreux se ferma lorsqu'il aperçut les chevaliers rassemblés au centre de l'attention.


-Magda retourne chez ton père ! Ordonna-t-il d'une voix éraillée. Forett perd pas ton temps avec eux et va t'occuper des notres !

-Ils sont des nôtres… protesta la vieille guérisseuse

-Jamais. La coupa l'énergumène exalté. Le sang de cent générations d'assassins coulent dans leur veines, aujourd'hui il nous aide, demain ils reviendront violer ta petite fille.


Le visage de Cordan vira au rouge, mais le bras du chevalier l'empêcha de se relever. Visiblement furieux l'autre continuait


-Regarde ! Dit-il en désignant la monture de Clodhbert. Ils s'approprient les meilleures bêtes, ils ne valent pas mieux que les autres. Ils sont juste bons à sucer le sang d'nous autres. Quand comprendrez-vous qu'on n'a pas besoin d'eux ?

-Paix, Gilbert, ne nous cherche pas querelle. Tenta de l'apaiser le paladin. Ses jeunes gens ont risqués leur vie pour sauver celle de tiens.


Le chef de la communauté balaya l'argument d'un geste énervé.


-Ils étaient près à prélever leur part si tu n'étais pas arrivé Jonas. Des bourreaux, des tortionnaires, empoisonnaient par leur sang prétendument supérieur.


S'en était trop pour Duralung qui dégaina tant bien que mal sa lame malgré son pansement. L'autre ne prit même pas la peine de sortir le long arc d'if qu'il portait dans le dos, plusieurs armes se bandèrent à la place de la sienne.


-Partez. On vous a assez vus. Et dit à tes amis qu'ils sont vivants uniquement parce que tu es là.


Gilbert le borgne cracha par terre et quitta la place, les cagoules remirent lentement leurs flèches dans leurs hausses, mais continuèrent à observer les nobles. Sir Jonas se tourna vers les deux jeunes garçons.


- Pardonnez-lui, il a beaucoup souffert. Préparez vos affaires. Nous partons.


§§§



-La parole est la base de l’honneur et l’honneur est la valeur de l’homme. Quel que soit le comportement de Sir Kirian, vous restez engagé vis-à-vis de la cause de Dame Alicia, vous soustraire à ce serment ferez de vous des parjures et cet état est pire que la mort.


Le chevalier avala un bout de fromage et reprit.


-Sir Gorn est un très grand guerrier et sa cause est juste vu qu’elle est celle d’une noble dame. Repartez auprès de lui, si son cœur est pur il devrait percevoir votre sincérité.


Cordan lui fit passer l’outre de vin, sir Jonas but trois grosses gorgés puis la fit passer. Le paladin touilla les braises du feu avec son couteau avant de poursuivre.


-Quoi qu'il décide, vous devez faire amende honorable et vous faire pardonner vos pêchers par la prière. Surtout vous Sir Clodhbert, votre jeune âge n'est aucunement une excuse à votre comportement déviant. La voie qui mène au graal est longue et difficile et chaque mauvaise action coutera cher à celui dont la vertu n'est pas la principale motivation. Votre écart de conduite consternant la sœur de Sir Cordan est très grave et la faute vous incombe entièrement. La femme est faible et doit être protégée, même d'elle-même. Je vous conseille vivement de trouver une chapelle du graal et d'y implorer la Dame de vous pardonner, puis une fois vos obligations auprès de dame Alicia remplit de partir en Quêtes expiatoire. Autre chose, le duel est le jugement des dieux, en engageait un avec le projet de le perdre et pour moi une façon de vouloir aller contre leurs volontés divines. Ne recommencez jamais. Je ne pense pas que votre honneur puisse s'en relever, l'honneur est tout et a plus de valeur que la vie.


Sir Jonas bailla, secoua les miettes accrochées à son doublet s'enroula dans une couverture et s'étendit à côté du feu.


-Demain nous essayerons de trouver un coucher plus digne que ce bosquet. Sir Clodhbert vous prenez le premier tour de garde, réfléchir vous fera du bien. Bonne nuit Chevaliers.


Et sans rien ajouter et après une longue leçon de moral et d'honneur, le paladin s'endormit, laissant les deux grands adolescents face à face de part et d'autre du brasier.

_____________________________________________________________________

Un rapide silence pesant s'était installer entre deux. L'espace d'un instant Clodhbert repensait à ce qu'avait dit le chevalier Jonas mais aussi à la reproche que lui avait fait le chef des cagoules. Mais malgré ça il ne s'en sentait pas coupable. Les chevaliers avaient besoin de leur chevaux pour défendre la Bretonnie. C'est gueux, n'était là que pour défendre les pauvres gens des excès des chevaliers.
Son attention revint sur Cordan. Même si Clodhbert avait gagné une joute contre lui et que la raison était du coup pour Rouergue cela s'effaçait le ressentiment de Doralung.
Ignorant la boule qui se formait dans son vent au moment de lui parler Clodhbert osa briser le silence :
"_Je m'excuse... Voilà, Jonas à raison j'aurais pas dus pour ta soeur. Je ne cherche pas à l'attirer ta sympathie mais il fallait que se soit dit. Je ne sais pas encore combien de temps on va se côtoyer mais on n'arrivera à rien si on se fait continuellement la guerre."

Sur sa paillasse Jonas ne ronflait pas encore, peut-être avait-il entendu l'amende honorable de Clodhbert ?Au fond de lui Clodhbert n'avais pas le sentiments de devoir se faire pardonner quoi que se doit, surtout que comme le disait Jonas si un duel est l'oeuvre d'une intervention divine alors Clodhbert pouvait être tranquille mais c'était important pour lui de pouvoir se dire qu'il n'avais pas totalement tord.

Cordant mettait du temps à répondre et Clodhbert en profita pour placer une dernière phrase :
"_Et je pense que tu devrais arrêter d'en parler à tous va. Tu y perds plus que moi, les gens ne respectent pas les victimes, au mieux ils s'apitoient dessus c'est tous... "

_____________________________________________________________________

-Pour avoir porté atteinte à l'honneur de ma sœur, un jour je viendrais te tuer. Mais tu peux dormir tranquille car ce jour-là, je ne t'attirerais pas sournoisement dans un bosquet, Je suis un authentique chevalier, moi. On verra à ce moment-là qui est respecté.


§§§



Les trois chevaliers arrivèrent au sommet de la colline, l'endroit était dégagé et on pouvait voir les alentours. Sir Jonas ayant pris naturellement la tête désigna un cours d'eau qui serpentait en contrebas.


-Au-delà de cette limite on n'est plus dans la zone d'influence des joyeux-compagnons de Gilbert le borgne. Je vois un manoir d'ici, nous y passerons la nuit. Si vous contentez à ouvrir un peu la bouche et d'arrêter de faire la tête, on devrait nous faire bon accueil.


De leur point d'observation le manoir ressemblait à une grosse ferme fortifiée, des paysans s'activaient dans ses champs. Une bonne cinquantaine de personnes pouvaient y vivre. Une bannière de couleur rouge flottait sur les murs. Le trio de cavalier reprit leur route dévalèrent la pente abrupt traversèrent la rivière à guet et s'engagèrent dans les bois tortueux qui les séparaient de la promesse d'une nuit moins dure que la précédente. Lorsque qu'enfin ils arrivèrent ils étaient attendus. Quelqu'un avait dû les voir venir, car la population les attendaient de pied ferme et les mains pleines de fourches, de haches et de bâtons. Trois manants armés d'arbalètes chargées occupaient un toit surplombant l'entrée. Tranchant au milieu de cette foule hostile par son calme et son élégance, une dame les salua. Son accent reiklander, ses vêtements et même le curieux plastron qu'elle portait l'identifier comme une ressortissante Impériale.


http://img11.hostingpics.net/pics/358333nobleimperiale.jpg

-Le bonjour, messeigneurs. Je suis dame Wilhelmina et vous êtes sur les terres de mon mari Sir Arnaud Gênet, châtelain de Montépervier dont vous voulez le sol. Etes-vous d'authentique chevalier ?

-Que les Dieux bons favorisent cette contrée, son seigneur et sa vertueuse épouse. Je suis Sir Jonas et également un vrai chevalier Bretonnien.

-Comment être sûr ?! Braya un solide gaillard armé d'une impressionnante cognée. Ils se ressemblent tous. Attention ma dame, la vertu se lit pas sur leurs visages ni sur l'entretien de leurs armures.

-Pertinente question, mon bon Herbert. Le reprit la noble. Et bien chevalier, pour tranquilliser mon forgeron pouvez-vous me dire si vous mentez ?

-Mon honneur ne serait supporter le mensonge. Répliqua le paladin.

-Alors, vous êtes les bienvenus.


La femme se tourna pour pénétrer dans la cour obligeant ses gens à s'écarter devant les chevaux des nouveaux hôtes. Des garçons d'écurie saisir les brides des montures pour faciliter la démonte et de mauvaise grâce le reste des domestiques s'en retourna à ses activités.


-Mes garçons vont s'occuper de vos bêtes et de votre équipement, je vais vous faire remplir un baquet d'eau propre pour vous délacer après votre voyage, vous êtes ici chez vous, vous pouvez aller partout sauf dans mes quartiers. Vous êtes confiés à ma table pour souper, en attendant mettez-vous à l'aise on va vous apporter des robes propres. Je vous laisse je dois également retirer cette encombrante protection et régler quelques détails triviaux.

_____________________________________________________________________

Les vêtements propres lui avait faient du bien. Tout comme le bac à bain chaud dans lequel il se détendit et cela sans même parler du fait de ne pas avoir croisé Cordan de tout l'après-midi. Dans un premier temps il alla à l'écurie pour voir ses chevaux, il s'occupa un moment de son vieux roncin puis il s'occupa de sa nouvelle monture. Il l'a monta lui fit faire quelques tours et des manœuvres. La bête réagissait bien et cela se voyait que malgré un traitement moyen on l'avait habitué aux combats et aux ordres.
Le cavalier et le cheval faisait à peu connaissance.
Clodhbert vérifia l'État des fers et en fit refaire.
Après Il fit une sorties et fit une promenade pour voir les défauts de la démarche du cheval, son point d'équilibre, sa jambe faible, sa jambe maîtresse et les vitesses qu'il était capable d'atteindre.
Puis sur le retour il fit un crochet par les fermes et les forges pour se renseigner sur prix pratiqués dans le coin pour les chevaux et les équipements.
Le soir pour se détendre de sa virée, Clodhbert fini l'après-midi dans bibliothèque du seigneur pour lire la lignée et l'héraldique de la famille.

_____________________________________________________________________

On avait disposé dans la grande salle une grande table sur tréteaux sur des joncs fraichement coupés. Les couverts dressés étaient en argent et rien manquait, tous les convives possédaient une assiette et deux verres distincts. Une desserte couverte de bouteilles, flacons et ciboires laissait présager une profusion de boisson et les odeurs de brouet et rôti provenant des cuisines mirent l'eau à la bouche des chevaliers dès leur entrée. Des serviteurs propres leur offrirent rituellement du pain blanc et du sel avant de les conduire à leur place. Deux personnages se trouvaient déjà attablé. Un beau vieillard vêtu d'une robe plissée se présenta comme le chef du village du domaine, l'habit du second l'identifier comme un prêtre de Shallya, l'homme d'une quarantaine d'année particulièrement barbu se présenta comme le confesseur de la châtelaine. Tous deux semblaient bien nourrit et posséder une certaine aisance financière, sans pour autant transgresser les lois somptuaires, contrairement à la ravissante Wilhelmina dont la parure dépassée largement le luxe admit pour l'épouse d'un seigneur du rang de son mari. Ses cheveux tressés étaient retenus par une résille dont les perles miroitées à la lumière des flambeaux, le velours parfaitement ajusté de son corsage en était lui aussi constellé de même que la large ceinture de satin noire qui couvrait sa taille, de la fine dentelle elfique couvrait le col, les manches bouffantes et les jupons de son imposante robe. Avec l'aisance et la souveraineté d'une reine Dame Gênet, salut courtoisement ses cinq invités et s'installa à la gauche de Sir Jonas. Un domestique lui remplit son plus beau verre d'une liqueur dont l'odeur sucrée chatouilla les narines de Clodhbert pourtant de l'autre côté de la table. De sa main gantée l'étrangère prit délicatement le calice et le levant s'adressa à l'assemblée. La lueur du feu suralimenté de la cheminée faisait briller sa chevelure d'or, l'auréolant d'une couronne flamboyante.


-Bienvenue Messeigneurs, puissiez-vous nous pardonner de ne pouvoir vous offrir la compagnie d'aucun noble. Notre conversation s'efforcera de n'être point oiseuse et je vous prie également d'excuser mon extravagance, ma nation me manque certain soir et je crains de n'avoir pas la force de caractère des habitants de mon nouveau pays pour résister à toutes les futilités. A vous chevaliers ! Et à la Dame, qu'elle fasse que les innocents soient protégés.


Tous les convives levèrent leurs gobelets et le repas commença, la soupe et le rôti étaient déjà consommés et l'on servait une grande carpe en croute quand un homme émergeant des cuisines, s'assit sur le dernier siège inoccupé de la table à gauche de la maîtresse des lieux. Son justaucorps sans manche laissait apparaitre des bras puissamment musclés et couverts d'anciennes cicatrices, les trais réguliers de son visage avaient une grande dureté et une lueur malsaine dansait dans son regard. Son crane était rasé autour des oreilles et ses cheveux très sombres étaient attachés en une longue tresse. Contrairement aux autres convives dont les armes étaient pendues le long des murs, il fixa son baudrier au dossier de son fauteuil, une grande épée dont Rouergue ne sut pas définir l'origine y était pendue. Le nouveau venu ne prit pas la peine de se présenter et réclama immédiatement à boire.


-Chers invités, permettez-moi de vous présenter, Benoïc, le garde-chasse du domaine. Annonça l'air contrarié Wilhelmina avant de reprocher au malotru : Vous êtes en retard, maître.

-Je suis sûr que ses gentilshommes vous auront facilement fait oublier mon absence. Répondit celui qui ne ressemblait pas du tout à un garde-chasse. La protection du domaine est une tâche harassante ces derniers temps. Toute sorte de parasites armés parcourt les routes et on les retrouve dans les endroits les plus inappropriés.

-Sir Clodhbert, on m'a rapporté que vous cherchiez à vous débarrasser d'une monture, enchaîna l'hôte pour détourner la conversation alors que le guerrier était foudroyé du regard par l'assistance. Je suis disposé à prendre en charge votre pauvre bête, j'ai hélas dû éloigner mon élevage de chevaux à cause de l'imminence de cette horrible guerre, mais je peux vous dédommager. Mon mari possède un domaine qui a enchainé les bonnes récoltes, les dieux en soient loués et j'ai à ma disposition quelques pièces surnuméraires. Je peux vous en faire don, ils ne nous manqueront pas. Cette demeure peut très bien être incendiée et pillée dans les prochains jours.


Un voile de tristesse ou d'angoisse passa sur le visage de Dame Gênet. Ce brutal changement de sujet alerta Sir Jonas, alors que le faux-veneur levait les yeux au ciel.


-L'armée de Dame Alicia, ne devrait pas vous nuire, son champion me semble un homme d'honneur. Reste bien sûr les inévitables vaux-rien qui tournoient autour des armées, mais ils ne resteront pas longtemps, vos gens d'armes disposés au village devraient les tenir à distance et moi-même je m'emplois à réduire leurs nuisances.


Une gêne évidente attrista le beau visage de la châtelaine qui ne put pas s'empêcher de jeter un coup d'yeux vers son curieux chasseur. Celui-ci continua à boire sans réaction.


-Quelle est la source de vos ennuis, ma-dame. Parlez, je vous en prie. Mes compagnons et moi-même sommes vos obligés.

-Vous êtes un preux Sir et pour cette raison je suis désolé de vous embarrasser avec mes soucis banals, mais derrière le faste que l'on vous montre, le malheur n'est pas loin. Les pillards rodent en effet dans la région, mais une bête bien plus nocive terrorise mes gens, restreignant leur marge de manœuvre et se rendant responsable de plusieurs disparitions.

- Un monstre errant. Rien de plus. Enchaîna Benoïc, sur un ton mauvais. Qui partira lorsque vous arrêterez de lui envoyer des paladins à manger.

_____________________________________________________________________

Malgré sa jeune expérience Clodhert n'en était pas à son premier monstre. Et malgré tous les dangers dont il avait parfaitement conscience l'aventure le titillait !

" _Madame, nous sommes chevaliers et c'est notre devoir de protéger la Bretonnie et ses gens qu'ils soient riches ou pauvres. J'ai déjà eu une petite expérience similaire et bien que j'ai jouis de beaucoup de chance je peux vous affirmer que la présence d'un monstre sur une terre n'est jamais anodine pour les habitants et le seigneur. Il est, sert, dramatique que plusieurs chevaliers y est laissés la vie mais nous ne pouvons nous soustraire à une épreuve que la Dame met sur notre chemin. Enfin permettez-moi d'ajouter que ma bonne vielle monture ne mérite plus s'être traité comme un jeune cheval, je me permet donc d'accepter votre proposition. D'autant plus si la nécessité de combattre se trouve déjà là ! "

_____________________________________________________________________

Les convives acquiescèrent d'un air grave, excepté Benoïc qui railla la proposition et Cordan qui se renfrogna de ne pas avoir fait cette déclaration lui-même.


-Voilà qui est parlé comme un vrai chevalier, complimenta Sir Jonas. C'est donc dit, demain dès l'aube, nous irons porter le défi à cette créature. Puisse la Dame guider nos bras et emplir nos cœurs d'une juste fureur.

-Nous l'avons d'abord pris pour un troll des montagnes en maraude, précisa le prêtre, mais la chose est bien plus que ça, elle a maudit la forêt qui c'est modifiée en quelque chose de sinistre, je prierai les dieux de vous venir en aide contre l'infâme magie de ce monstre.

- Demain je vous fournirais un homme viable qui vous servira de guide. Mes pensées vous suivront, preux chevaliers, je ne quitterais pas ma chapelle jusqu'à votre retour.


Le faux-veneur fini un verre de plus et quitta la table aussi impoliment qu'il l'avait intégré, en lançant aux nobles des regards mauvais.

§§§


Au matin, toute la communauté du manoir c'était réuni dans la cour pour voir partir les chevaliers. La châtelaine, le teint fatigué leur offrit ce qu'elle présenta comme le travail de sa nuit, trois écharpes rouges portant les meubles du blason du domaine. La femme les invita à revenir sitôt la tâche effectuée. Le sénéchal leur fit don d'un sac de vivre d'où dépassait plusieurs bouteilles de vin, deux adolescents un peu tordu les apportèrent des lances fraichement tournées, couronnées d'un fer tout juste forgé. Des gamines firent manger de petites pommes aux chevaux et l'artisan braillard de la veille leur ouvrit grand les portes avec une révérence. L' homme dégingandé entre deux âges et visiblement muet, qui leur servait de guide salua l'assistance et partit d'un pas rapide. Du garde-chasse, aucune trace.

Les champs puis les bois traversés étaient particulièrement fertile et des parterres pleins de vie poussaient abondamment partout, les terres de Montépervier semblaient un pays de cocagne, bénit des dieux. La tanière supposée du monstre se trouvait sur un promontoire rocheux, boisé, qui surplombait le coude d'une rivière. Lorsque le groupe l'aperçu vers midi, il put observer les falaises abrupts qui couvraient trois des côtés de l'éminence. Le quatrième descendait globalement en pente douce, mais malgré la végétation qui le couvrait, son sol semblait particulièrement irrégulier entrecoupé de vallons étroits et de crêtes minérales aiguës. Sir Jonas aiguisa longuement sa flamberge en regardant le massif.


-Compagnon chevalier, il est l'heure d'être brave

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Clodhbert de Rouergue

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MessageSujet: Re: Les songes de Grosswald    Lun 4 Juil - 16:31

Après le repas et le débarrassage de la table, tous eurent l’occasion de se reposer. Clodberth était resté un peu seul, à l’écart des autres. Il n'échangèais presque aucune parole car il était inquiet. Il avait déjà passé du temps à faire la chasse au monstre et il ne fallait pas se voiler la face quand au danger.
 
Le soleil se levait alors que le chevalier était déjà debout depuis un moment. Clodberth était à la forge à regarder le maitre de l’atelier en train de s’appliquer sur ses armes et son bouclier.
A la fin du travail son épée était encore vieille mais au moins l’affut brillé et les entailles le long de la lame avaient nettement diminuées.
On lui approcha son nouveau cheval apprêtait par un page. Quand le jeune chevalier sortait de la forge Cordan en arme et en armure, monté sur sa monture, le toisa de l’habituel regard méprisant sans même ralentir pour rejoindre Jonas et le guide près au départ.
Avant de se séparer Heinrich donna une petite bourse à Clodhbert se dernier regarda, curieux, à l'intérieur... 
"_Des morceaux des pains ?
_Impregné d'extrait de pavo. Ça endort la douleur. Mais prenez garde si vous en prenez trop cela vous endormira aussi l'esprit. L'effet est assez rapide mais n'est pas immédiat non plus"
 
Ainsi le petit groupe traversa les vallons et les prairies, les villages et les bourgs, les routes et les forêts.
Clodberth regardait les paysans différemment. Mais c’était toujours  compliqué pour lui. Il prenait une attitude plus éloignée d’eux alors que l’expérience qu’il avait vécue, lors de la rencontre avec Jonas, lui faisait porter plus de sollicitude envers les pauvres gens…
 
Le soir avant d’arriver à l’orée de la forêt maudite. Jonas rassembla les jeunes :
« Toi Clodhert, raconte nous ce que tu as vécu ? »
Le cadet du Rouergue lança un regard raconta son expérience : La traque dans la forêt, l’évitement de la créature. L’entrée dans l’antre du monstre et le combat chanceux qui n’aurait pas eu cette issu, sans l’audace de la fille ou la compétence d’Heinrich. »
Le récit du jeune chevalier laissa encore une fois un goût de raté. Clodberth avait laissé trop d’importance à des roturiers et même à une femme.
D’après Jonas, tomber sur le monstre sera facile. Mais trouver le monstre sans qu’il les trouve sera une autre perd de manche… La déformation de la forêt sera le meilleur itinéraire il faudra trouver l’épi centre.
Jonas ajouta au sujet de l’expérience de Clodbhert que l’esprit d’équipe avait été primordial. Personne ne sait sur quoi il va tomber mais tous courent à la perte si l’union ne règne pas ! Pour cette dernière remarque Jonas insista du regard sur les deux jeunes rivaux. Cordan comme Clodberth furent gênés.
« Toute façon c’est l’vieux le chef nan ? C’plus simple c’mme ça. »
Le guide avait parlé sans même regarder les trois chevaliers. Cordan dévisagea le gueux qui osa intervenir, Clodberth resta neutre seul Jonas lui accorda un regard.
 
Le lendemain le petit groupe marcha au travers les bois de plus en plus profondément. Le guide leur parla continuellement de la région, des roches, des vallées, de la végétation et des cours d’eau. Ils continuaient à avancer quand subitement le guide s’arrêta là.
« Et j’vous laisse ici mouai. J’rentre pas l’dans. » Il cracha par terre et se signa.
Les arbres semblés avoir tous à coup changés d’essence. La végétation habituellement inexpressive semblée soudainement hurler de tristesse et de souffrance.
Cordan voulus lui tomber dessus mais Jonas le stoppa directement. Scandant que c’était une mission qui incombe seulement aux chevaliers et qu’un chevalier n’a pas à exiger d’un gueux qu’il soit plus que ça.
Les trois téméraires regardaient leur guide reculer alors que Jonas osa faire faire un pas à son cheval sur la terre maudite.


Dernière édition par Clodhbert de Rouergue le Mar 12 Juil - 8:06, édité 1 fois
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Hagen

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MessageSujet: Re: Les songes de Grosswald    Mar 12 Juil - 0:43

L’ascension fut éprouvante, aucun sentier ne parcourait le promontoire. Un lierre dense reliait les troncs entre eux et formait des obstacles franchissables qu’après une longue taille. Le sol accidenté ajoutait à la difficulté de la progression et rapidement les trois hommes suèrent à grosse goutte dans leurs protections. Plus inquiétant, la voute végétale ne laissait percer aucun bruit d’oiseau et le gibier à fourrure était absent. Contrastant avec le reste de la contrée, les arbres eux même semblaient malade et terne, seule d’inquiétants craquements étaient audibles par-dessus les halètements des guerriers et le cliquetis des armures.

Parvenu sur la crête en ayant abandonné leurs montures les chasseurs y découvrir de curieuses empreintes, la chose ne semblait pas posséder de griffes ni même de pied laissant des marques régulière mais elle semblait se mouvoir sur deux masses informes et dure. Ser Jonas en était perplexe d’après ses dires il n’avait jamais rien rencontré de semblable, Cordan lui s’étonna que le parcourt suivit par la piste ne semblait pas tenir compte des plantes grimpantes qui les ralentissaient tant. La nature magique du monstre de plus en plus évidente fut confirmée lorsque Clodhbert mit à jour une pierre levé couverte de symboles dissimulés sous la mousse. C’était la première qu’une petite collection qui ceinturait la pointe du promontoire, des glyphes avaient été peint resamment et recouvraient des runes gravées plus anciennes. A l’intérieur de ce rempart l’air était plus lourd et un gout diffus et désagréable emplit la bouche des humains. Le paladin se signa et entonnant une prière à la dame, avança résolument vers le sommet. De nombreuses toiles d’araignée couvraient le feuillage des alentours, la terre était sèche et poussiéreuse. A proximité du bord de la falaise se tenait un arbre visiblement mort mais couvert de rejet verdoyant perçant çà et là, la couche de file d’argent qui semblait habiller le végétal comme un linceul. Rien ne bougeait néanmoins il était clair pour les preux bretonniens que c’était de ce conifère que viendrait la menace. Jonas coiffa son bassinet et sortit son espadon, le jeune Duralung passa la guige de son écu autour de son cou et serra temps bien que mal sa lance raccourci avec sa main blessée. Les trois hommes se déployèrent précautionneusement pour couvrir tout le terrain dégagé.

Rien ne différencia leurs derniers pas des précédents, pourtant deux nœuds situés dans la partie supérieure du tronc s’ouvrirent dans un craquement. Une lueur verdâtre brulait au fond des trous béants situé derrière et au travers la créature les observa. La nature du bois se modifia, se couvrant d’une écorce sombre, les pousses se couvrirent d’épine et les rameaux comme mus par une puissante rafale de vent se rassemblèrent pour former deux bras puissants. Des dizaines d’araignées rouge sortirent paniquées des orifices du monstre lorsque celui-ci arracha un aggloméra de racine du sol pour faire une parodie de pas vers les intrus. Les bruits de grincement couvrirent le cri de guerre du chevalier, qui s’élança vers la bête.

combat:
 
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Clodhbert de Rouergue

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MessageSujet: Re: Les songes de Grosswald    Sam 16 Juil - 7:53

Le monstre était impressionnant ! Un arbre vivant... Clodhbert n'en n'avait jamais vue et Manifestement Cordan non plus, Jonas laissait moins filtrer c'est émotions. Mais la fierté des chevaliers repris vite le dessus : "POUR LA DAME" les trois chargèrent !

En partant vers l'ennemi maudit Clodhbert tentait de réfléchir à un semblant d'approche. L'allonge que représentait les branches comme des bras, était tellement grande qu'il était difficile de ne pas les affronter. Mais la lenteur du monstre était peut-être son point faible.

Clodhbert partit en avant Disant tout haut :
"Je vais tenter quelque chose, occupez ses bras!"
Le jeune Chevaliers Errant voulait profiter de la lenteur, pour passer à l'intérieur de la "garde" des branches pour frapper au coeur. Et s'il en avait la possibilité pourquoi pas frapper des deux ouvertures qui servaient lui d'oeil si cela s'offrait à lui.

Le bouclier levait pour les coups venant d'en haut, l'épée en garde basse pour parer les coups venant d'en bas, Clodhbert se précipita dans un grand slalom pour atteindre le tronc de l'arbre-monstre.
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MessageSujet: Re: Les songes de Grosswald    Mar 19 Juil - 19:25

Les poings noueux s'élevaient presque au ralenti pour retomber lourdement sur le sol. L'un puis l'autre, inlassablement, tentant sans répit d'écraser les chevaliers qui lui tailladaient les bras sitôt ceux-ci retombé. Les lames fendaient l'écorce, mais ne parvenaient pas à entamer profondément les membres du colosse. Semblant parfaitement insensible à ce traitement, le monstre avançait pesamment vers sir Jonas chacun de ses coups visant le combattant qui s'était le plus approché pour frapper. Les gestes rythmés et incessants empêchaient les bretonniens de trop s'approcher et d'atteindre le visage de leur adversaire. Cordan se déplaçait vite, mais sa main blessée ne parvenait pas à inquiéter l'abomination. Le paladin semblait encore le plus efficace, se repliant sans cesse il parvenait à mordre son agresseur de son espadon. Clodhbert se tenait prêt à exploiter toutes les opportunités hélas lorsqu'une ouverture se présentait il n'était pas assez rapide pour s'approcher assez avant qu'elle disparaisse. Par trois fois il parvient à esquiver l'aggloméra de branche et à porter des tailles rageuses qui lui rappelèrent douloureusement son épaule contusionné, sans résultat. Le corps de la créature semblait trop dur, le combat était dans une impasse.

Les armures étaient pesantes et la fatigue finie par se faire sentir. L'assaut des preux perdit en intensité, les ripostes étaient maintenant plus lentes et plus rares, la zone semblait se resserrait laissant de moins en moins de place pour se déplacer et alors que les chevaliers échangeaient les premiers regards de doute tout se précipita. Le fer de lance de Doralung se ficha dans le torse du monstre, le jeune homme mit une seconde de trop à le retirer et encaissa un coup de plein fouet, l'énorme bûche arriva sans grande vitesse, mais sa puissance enfonça le plastron de l'adolescent et le projeta au-delà du bord de la falaise. De Rouergue ne l'entendit pousser d'un grognement et un instant plus tard il avait disparu. Le paladin tenta sa chance, plongea sous un large balayage et atteint l'arrière du genou du titan. L'épée s'enfonça d'une paume, le colosse tangua légèrement avant de s'abattre lourdement dans un fracas de branches brisées. La partie semblait gagner, mais il réussit à se réceptionna in-extrémiste sur un bras et sous ce bras se trouvait sir Jonas. Péniblement, dans un fracas de grincement et de métal froissé l'aberration tenta se relever, Clodhbert ne lui en laissa pas l'occasion. Calant le pommeau de son arme sous son bras droit il se jeta en avant, guidant la pointe de sa lame dans l'œil du monstre et l'introduisit à l'intérieur à l'aide de toute sa masse. Le bois eut un soubresaut, l'énergie qui l'animait s'échappait par la blessure en longue corolle de lumière verdâtre remontant le long de l'arme métallique. Le chevalier sentit une antique présence frapper à la porte de son esprit. Un être fait de sauvagerie et de douleur lui hurlait des reproches et des mises en garde haineuse.  Le tronc vieillit et se craquela en quelques secondes pour  laisser rapidement d'une carcasse d'arbre creuse et friable. Les débits s'affaissèrent sur le survivant qui chuta au coté de son compagnon.

Le calme revenu dans la clairière et dans la tête du héros. Son corps était parcouru de tremblement, il ferma les yeux pour les reposer, pas plus d'une seconde...


Dernière édition par Hagen le Mar 26 Juil - 16:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les songes de Grosswald    Mar 26 Juil - 16:11

- Vous pouvez approcher, la bête est bien morte.

- Que contient ses restes ?

- Du bois pourri,...une sorte de pierre gravée et des pièces d’armures rongé par le temps.

- Dans quel état sont-elles ?

- Oxydées, tordus, inutilisables, la carapace du chevalier écrasé est en meilleur état.

-Cherchez le casque.

- Attendez Madame...Oui il est là. Dans cette aggloméra de racines et terre. C’est étonnant, voyez: le capitonnage interne est bouffé par la vermine, mais la ferraille semble intacte.

-Je m’y attendais. Que les dieux soient loués.

-Le jeune chevalier est vivant, il est inconscient mais, il a l’air intact.

-Regardez son épée...Elle semble avoir pris un siècle. C’est elle qui a porté le coup de grâce, l’énergie vitale du monstre l’a traversé et ce jeune homme l’a prit de plein fouet. Le cuir de son gant est craquelé et racorni. Ca lui laissera des traces.

-Qu’en fait-on ? Désirez-vous que j’abrège ses souffrances ?

-Surement pas, malheureux. Il a gagné le droit de vivre, de plus tuer c’est le travail de Benoïc.

-Où-est-il, maîtresse ?

-Sûrement en train de trousser cette pauvre gamine. Son absence le rend indigne. Laissons sa chance à cet adolescent, s’il survit, il abattra la besogne mieux que ce dépravé. Occupez-vous de lui, je rentre. Eloignez-le de Bénoïc, je serais bien le retrouver plus tard.


-------------------------------------------------------------------------------------------------


Une odeur de feu et de vin chaud, réveilla Clodbert de sa tres courte sieste. Quelqu’un lui avait glisser une couverture sous la tête et on avait déblayé les restes de la créature qui le couvrait. A l’autre bout de la clairière, sous un symbole de la Dame, le grand guide finissait de combler une tombe. Son travail achever, il déposa pieusement sur le monticule le bassinet de Sir Jonas.


-Valeureux chevalier, dit-il en constatant le réveil de de Rouergue. Vous avez accompli une grande prouesse oui-da, cet abominable monstre ne commettra plus de méfaits ça c’est sûr, la Dame en soit loué. J’ai enterré le paladin, pour pas que les bêtes sauvages ne viennent le grignoter, mais j’ai pas trouvé les restes de Sir Cordan. Voyez la rivière elle coule tout autour de la falaise, alors avec le poids... Votre épée et votre casque semble avoir reçu un sorte de maléfice, ils ne sont bon qu’a être transformé en grattoir, maintenant, mais plusieurs pièces d’armure du vieux chevalier sont encore utilisables et son épée aussi, alors je vous les ai mit de côté, pour vot'quete et j’ai trouvé aussi ça pour vous, l’intérieur était pourri et je l’ai nettoyé en attendant votre réveil, mais en remettant quelques sangles, il sera bien mieux que celui que vous aviez, enfin..j’crois.
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Clodhbert de Rouergue

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MessageSujet: Re: Les songes de Grosswald    Mer 27 Juil - 6:57

Le temps de reprendre ses esprits et Clodhbert se souvenait peu à peu de ce qu'il c'était passé. En regardant le casque de Jonas il se souvenait du valeureux guerriers qu'il était et malgré l'éclatante victoire à laquelle faisait allusion le guide qui l'avait rejoint, le jeune Chevalier ne pouvait s'empêcher d'avoir un sentiment de défaite... Comme si tous cela n'était qu'un horrible gâchis.

Clodhbert songea subitement à Cordan, son dernier souvenir de lui c'était de le voir basculer dans le vide... Le type l'informa qu'il n'avait pas retrouvé son corps, il avait été emporté par la rivière. Les chances de survit était maigres surtout s'il était blessé. Clodhbert l'informa alors que même s'il était encore gêné à la main, son alter-rival n'avais pas reçu de coup fatal. Mais le guide préféra le dissuader de croire à une possible survit.

Rouergue portait à nouveau son regard sur le casque mais aussi sur l'espadon de Jonas. Sa Quête... Clodhbert n'avait pas eu de révélation concernant sa Quête et il devait admettre être encore jeune pour ça mais oui un jour, il en était certains, il se lancerait dans la Quête du Graal comme le faisait Jonas.

Le jeune Chevalier se redressa avala quelque chose que le guide lui donna et rassembla ses anciennes et "nouvelles" affaires :
"_Allons avertir la Dame de ces lieux que la bête est morte!"


Spoiler:
 
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Hagen

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MessageSujet: Re: Les songes de Grosswald    Mer 27 Juil - 14:38

Les rochers à l'aplomb de la falaise, présentaient des traces de choc et de sang, le courant à cette endroit là était rapide et le lit profond. Clodhbert se résolut donc inspecter les méandre du torrent dans l'espoir de retrouver une trace de son compagnon. La zone n'était pas cultivé et la végétation très dense, mais le guide semblait très à l'aise et muni d'un long bâton il sondait tous les trous d'eau qu'il parvenait à atteindre. Le soleil arriva à son zenith et déclina, le crépuscule approchait lorsque la petite troupe arriva au abord d'un village où semblait régler une certaine agitation.
La configuration du terrain ne permettait pas de s’éloigner du sillon tracé par le cour d'eau avec les monture, le grand manant informa De Rouergue que ce bourg appartenait au seigneur de la Garde-grise un voisin avec lequel la famille Genêt entretenait de bon rapport. Sitôt qu'ils eurent pénétré le cercle de masure, un sifflement retenti depuis le toit d'un gros bâtiment ou un guetteur était embusqué et bientôt plusieurs archers déboulèrent de partout. Le chevalier identifia les couleurs du sir de Casteldorieux cousu sur leur cotte.

-Qui va là ? hurla un sergent.

-Sir Clodhbert. Sir Clodhbert le traître si l'on en croit le propos de sir Kirian.

Petit et trapu, l'homme qui venait de tenir ces propos était un noble à la belle allure, vêtu d'une armure de prix et monté sur un coursier élégant. il reprit sans que l’adolescent puis se défendre.

-Je ne sais quels sont les griefs que ce triste sir vous reproche, mais il vous a accusé de l'avoir conduit dans une embuscade lui et ses gens. L'affaire est trop grave pour ne pas la tirer au clair, veuillez donc me remettre votre parole que vous ne tenterez pas de fuir, cela nous évitera de vous entraver et vous arriverez d'une manière plus digue devant votre accusateur. Craignez cependant de faire les frais d'une justice expéditive, l'armée est en marche et les rapports des éclaireurs sont mauvais, notre général risque de ne pas détenir le temps nécessaire pour démêler la vertu et le mensonge. Néanmoins en vous rendant à moi, vous pouvez être sûr que vous bénéficiez de ma bienveillance au moins jusqu'au moment où vous serez jugé coupable.


Le baron de Casteldorieux se tue et attendit patiemment la réponse de Clodhbert, ses hommes de traits se tenant prés à toute éventualité.
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Clodhbert de Rouergue

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MessageSujet: Re: Les songes de Grosswald    Jeu 28 Juil - 8:26

Clodhbert toisa les archers, fuir n'était forcément impossible mais inévitablement risqué. Et puis, l'idée de départ c'était justement de revenir au campement pour faire amande honorable.


"_Le véritable traître c'est celui qui s'en prend à plus faible que soit !Et comme je ne suis pas un traître je ne m'en prend pas à des paysans sans défenses de notre sainte Terre de Bretonnie ! J'étais justement en route pour retrouver le seigneur Gorn afin de m'expliquer honnêtement, car en ce qui meconcerne je suis toujours près à me battre pour lui. C'est donc sans résistance que je m'en remets à vous, vous avez ma parole, en échange je veux votre parole de ne pas être désarmée et d'avoir votre oreille sur mon récit."


Le Jeune Rouergue se retourna vers le guide :
"_Retourne auprès de ta maîtresse et raconte lui ma situation. Je m'en remets à elle pour son témoignage favorable..."

Pour finir le jeune chevalier se retourna définitivement vers Casteldorieux et commença à faire avancer vers eux son chevale :
"_Mon guide ici présent est un homme au service de vos voisins les Gênets, à présent que je suis en votre compagnie nous pouvons le laissé rentrer chez lui."
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MessageSujet: Re: Les songes de Grosswald    Mar 9 Aoû - 13:34

De Casteldorieux acquiesça satisfait, ses gens de traits remirent leurs flèches aux carquois et se dispersèrent rapidement, reprenant leurs anciennes taches et libérant le passage.


-Bienvenu en ma compagnie, sir Clodhbert l’accueillit le seigneur. Le manant peut aller, nul mal ne lui sera fait. J’espère en revanche que vous n’êtes point trop las de chevaucher car nous étions sur le départ. La population de ce bourg n’a point opposé de résistance et à favorablement répondu à nos engeances, mais je ne leurs donnerait pas l’occasion de nous faire un mauvais partie la nuit venue en prolongeant ma visite trop longtemps. Nous partons donc et camperons sur la lande. Demain, nous devions retrouver l’ost de dame Alicia.


Les valets et les soldats finirent d’entasser tout un assortiment de caisses et de sacs dans deux chariots et la troupe quitta l’agglomération sous le regard hagard de sa population  Le groupe de chevalier qui encadrait le baron prit la tête et étant bien mieux monté ils distancèrent rapidement la piétaille. L’heure était tardive et l’on s’arrêta bientôt, De Rouergue était traité avec le respect nécessaire, mais sans chaleur. Il partagea tout de même son repas avec les autres nobles et un écuyer lui retira son armure après s’être occupé de son maître


-Le seigneur de la Garde Grise c’est rendu au devant de l’armée l’avant-veille pour négocier le passage de l’armée, lui apprit un vieux chevalier.

-Grande-épée a répondu au défi de Sir Gorn, l’ost des marches de couronne se rassemble on dit même qu’une demoiselle du graal est arrivé de la capital et en fera parti. Compléta un autre. La bataille a été fixée dans trois jours dans la vallée de l'Iroise

-Plus tôt cette rencontre sera réglée et plus tôt nous serons libérés de nos engagements contraints, le rapport de force risque de ne pas être en notre faveur

-Qu’importe vos sentiments. Conclut de Casteldorieux, nous avons tous prêter serment et de ce faite la cause de dame Alicia et la notre et je compte sur vous pour la défendre avec honneur.


Rêvasserie... :
 



Le lendemain une pluie légère arriva avec l’aurore et lorsque la compagnie fit sa jonction avec l’armée toutes les bannières, toutes les draperies et tous les cimiers pendaient piteusement. Les hommes et les bêtes pataugeaient dans une boue gluante et Clodhbert était trempé jusqu’au braies. Les membres de l’ost de dame Alicia étaient dispercé le long d’une route transformé en bourbier infâme et pour la plus part de fort méchante humeur. La troupe dut chevaucher encore pendant deux longue heures pour rejoindre le général Hersent qui se trouvait dans l’avant-garde. En remontant la colonne clairsemée, Le jeune chevalier fut hélait par une voie bien connue. Heinrich se sépara d’un groupe d’homme d’arme arc-boutés a une charrette enlisée. Son écuyer semblait vraiment contant de le voir, mais le baron fit signe à de Rouergue de ne pas s’attarder.

Ils trouvèrent sir Henry au sommet d’une colline. L’homme faiblement accompagné semblait morose. Il salua sans entrain de Casteldorieux et sa suite, le poids de ses responsabilités semblait l’écraser complètement et il reporta l’examen du cas de trahison au soir, se reposant sur le baron pour garder un œil sur l’accusé.

Le mauvais temps ne cessa qu’a la tombé de la nuit. Obligeant la plus part à manger froid une bergerie avait été réquisitionné pour les nobles, la promiscuité, l’humidité et l’odeur des bêtes rendaient l’atmosphère particulièrement désagréable à l’interieur où un sir Kirian  furieux monopolisait la parole. Le félon exigeait la mise à mort de Clodhbert pour avoir entrainé ses soldats dans un piège. Plusieurs chevaliers lui apportèrent leur soutien se portant garant de sa loyauté et de son efficacité. De Rouergue semblait bien seul face aux accusations de son ancien supérieur et aurait été physiquement pris à partie si le baron ne s’était pas interposé avec sa maisonnée. L’arrivé de Sir Gorn réussit à calmer la situation qui avait manifestement échappé au général particulièrement indécis

-Sir chevaliers ! Lança-t-il en entrant. Vous serez probablement intéressé par les informations que je rapporte. J’ai survolé les premiers éléments de l’armée de l’usurpateur  Elle a du retard sur la notre, nous devions donc profiter d’une grosse journée de repos avant la bataille.

-Qui la compose ? demanda quelqu’un

-J’ai pu identifier des insignes Clements, de Sencerre et Rouergue précisa le paladin.


L’assistance fit une grimace, deux des trois noms cité étaient ceux de seigneurs de Couronne. Leurs présences signifiaient que Simon grande épée avait mobilisé bien au delà des Marches, mais pour Clodhbert cela avait un sens plus funeste également.


- Que de vilaines têtes, mes seigneurs. poursuivit le chevaucheur de pégase. Qu’importe les obstacles, Si nous engageons la lutte loyalement la Dame ne pourra que soutenir notre vertu. Il est encore possible que des nobles retrouvent leurs honneurs et se rangent sous la bannière de l’héritière légitime. Mais dit moi, quelle est le motif de la vilaine querelle qui vous occupiez tantôt ?
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Clodhbert de Rouergue

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MessageSujet: Re: Les songes de Grosswald    Ven 12 Aoû - 14:19

Clodhbert se leva sans attendre et énonça lui-même les faits :


Mon Seigneur, c'est ici mon procès ! Lorsque je suis partis accompagner sur Kirian pour punir le seigneur de la garde grise. Je me suis retrouvé dans le cas où je devais massacrer des villageois... Et j'ai refusé! je me suis retourné contre sir Kirian et nous sommes tombés sur un Chevalier de la Quête, Sir Jonas. Nous avons ensuite trouvé refuge chez la famille Genêt à qui nous avons rendus le service de tuer une Bête Maléfique qui avait maudit une foret... Nous avons tuer la Bête mais Sir Jonas n'a pas survécu... C'est en cherchant les traces de mon compagnon disparu pendant le combat que je suis tombé sur Sir Casteldorieux à qui je me suis rendu sans résistance. Ce que m'avait en effet conseillé précédemment sir Jonas. Je suis là pour faire amende honorable mais je refuse de me déshonorer face à des paysans qui n'ont pas choisi de se battre.
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MessageSujet: Re: Les songes de Grosswald    Sam 13 Aoû - 8:57

La pluie avait repris. de lourdes gouttes tombaient par intermittence sur la campagne. la progression du train de l'armée allait devenir problématique si le mauvais temps persistait, aussi dés le petit matin des hommes d'arme étaient déjà partis. La queue de leur longue colonne disparaissait derrière une petite colline laissant un sillon boueux derrière elle.

A l’abri des éléments sous un gros chêne, Clodhbert, l'armure fraichement ajustée se hissa sur sa monture. Heinrich lui tendit son casque, l’écuyer avait dû travailler la nuit pour lui confectionner un nouveau capitonnage et malgré un aspect rustique et un évidant manque de finition la salade s'ajusta parfaitement à la tête du chevalier. Les maréchaux, chargés de surveiller le jeune homme s’impatientaient, les témoins du duel judiciaire attendaient déjà sur le pré et les juges ne tenaient vraisemblablement pas à exposer leurs seigneurs plus de nécessaire." Il est l'heure, chevalier" pressa le plus vieux. Le disciple de Shallya croisa le regard de son ami en lui transmettant son arme "soyez vertueux et que la déesse vous couvre de sa miséricorde."
Le petit groupe de cavalier se mit en mouvement, au centre d'une grande prairie de nombreux chevaliers formait de leurs rangs une large lice carré, De Rouergue s’engagea avec son escorte dans l’étroit passage qui permettait d’y accéder. Sir Kirian, visiblement très à l'aise, s'y trouvait déjà. Il avait obtenu ce qu'il voulait et l’imminence de sa vengeance semblait le remplir d'aise. Les guerriers bretonniers alignés bottes à bottes, rangés suivant le protocole attendaient patiemment de cette affaire se résolve par les armes. Tous les officiers de l'armée étaient là. Le baron de Casteldorieux fit un léger signe de soutien au jeune homme, mais le reste de l'assistance étaient parfaitement indifférent à son sort.

-Chevaliers ! Que la Dame guide le bras du vertueux et ralentisse celui de l'infamie. Que la vérité éclate aux yeux de tous et que la justice triomphe.

L'espace de combat était trop restreint pour un combat à la lance, le chef des fourrageur s'était armé d'une solide hache qu'il tenait hors de vu derrière son bouclier lorsqu'il éperonna son destrier. Clodhbert ferma sa visière, le claquement métallique résonna dans son casque, au travers de l’étroite visière il pouvait voir son adversaire approcher...

combat:
 
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MessageSujet: Re: Les songes de Grosswald    Sam 13 Aoû - 10:03

Il n'y avait pas grand chose à dire sur la démarche de Kirian, ni sur le tro de sa monture. Clodhbert avait en face de lui un combattant plus expérimenté que lui-même...
Mais le jeune Chevalier ne se découragea pas pour autant. Il était là parce qu'il avait suivi les conseils de Jonas et il était vivant car Jonas avait payé de sa vie. Aussi, en hommage à ce dernier, Clodhbert choisi le Bran-d'arçon du Quêteux.
Outre la symbolique, l'arme avait une plus grande allonge celle de son adversaire.
En plus, contrairement aux positions habituel pour un droitier qui aurait dus avoir l'épée armée sur sa droite, Clodhbert avait mis la garde à gauche.
Cela lui apportait l'avantage d'avoir déjà l'arme du côté adverse, mais aussi de se servir du moulinet de son arme en attaque et en défense à la fois.
Enfin il comptait faire son moulinet à l'horizontale pour souffrir au minimum de l'effet "crochets" de la hache adverse qui aurait pus lui arracher l'épée des mains.

Il était en pleine course, il ressera sa poigne sur le long manche de l'espadon il tenait fort ses étriers aux pieds pendant que ces genoux dirigeaient sa Bête...
Kirian était sur lui, Clodhbert fit partir son épée de toutes ses forces !...


POUR LA DAME !
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MessageSujet: Re: Les songes de Grosswald    Mar 16 Aoû - 17:05

La taille entama l'écu de Kirian, décapitant le lion de son blason et faisant vaciller le chevalier sur sa selle. Le destrier de Clodhbert réagissait parfaitement à ses instructions et se tient éloigné du coursier de son adversaire. Sécurité superflus au vu de la frappe que le jeune accusé avait assené à son accusateur bien incapable de riposter. Les chevaux trottèrent jusqu'au bord de la lice avant volter. De Rouergue presque étonné du succès de son premier passage, se sentit éperonner son compagnon avant de le vouloir vraiment. Une étrange euphorie s'empara de lui alors qu'il était emporté pour une deuxième charge, il n'était pas stressé, ni concentré juste convaincu qu'il ne pouvait être vaincu. L'espadon s'abattit plus tôt qu'il le souhaita, la puissance du coup fit vibrer ses bras, mais plus encore le casque de son ennemie qui réagit avec une surprenante lenteur. Les courbes de la hache étaient prévisibles et maladroites, celles de l'épée trouvaient sans cesse une ouverture, blessant au travers de l'armure. L'arme semblait doter d'une vie propre, plongeant, boutant, estoquant, s'interposant sans cesse entre son propriétaire et la cognée. Clodhbert s'émerveilla de sa nouvelle dextérité, ses frappes lourdes et puissantes devaient légères et fuyantes à volonté, surclassant les talents de combattant de son opposant et ne lui laissant aucun répit.

En quelque dixième de battement de cœur, Kirian saignait de partout, des gouttes perlaient de son armure cabossée et il tenait assit à grande peine. D'une botte qu'il ne se souvenait pas d'avoir apprise, le jeune chevalier écarta le bouclier adverse, s'ouvrant une opportunité sur la gorge du brigand, un désir inhabituel de tuer occupait le crane de l'exilé. l'espadon s'éleva...
precision:
 
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Clodhbert de Rouergue

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MessageSujet: Re: Les songes de Grosswald    Mar 16 Aoû - 17:38

Kirian méritait de mourir ! Ce n'était qu'une bête sauvage qui n'avait rien d'honorable et vue la facilité avec laquelle il l'avait vaincu, Clodhbert doutait franchement de l'utilité d'un tel homme sur le champ de bataille.
Mais le souvenir d'une phrase perça la brume de sa sauvagerie : 
"Soit vertueux mon fils"
Abattre un homme qui n'était plus capable de se battre n'était pas honorable.
Clodhbert avait plus ou moins compris que l'espadon avait sa propre volonté mais il voulut le retenir.
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MessageSujet: Re: Les songes de Grosswald    Mar 16 Aoû - 17:52

La voie de la vertu, apparu clairement dans l'esprit du jeune chevalier, qui parvient à détourner la lame homicide à temps. Il éloigna sa monture, alors que Sir Kirian chuta lourdement au sol, visiblement incapable de se rester en selle. L'écuyer du blessé accouru et lui délaça le casque. Une grande frustration s'empara de Clodhbert, il aurait voulu tuer son méprisable ennemi et le fait d'avoir renoncé à cette possibilité lui provoquait des bouffés de colère. Il souffla pour se calmer, mais aperçut qu'il était particulièrement essoufflé. Il devait avoir oublié de respirer pendant son combat et avait besoin d'air, d'un geste rendu nerveux par le halètement il releva sa visière. Sa protection faciale escamotée, il put reprendre son souffle et distinguait l'assistance. L'étonnement et la perplexité figeaient le visage de nombreux guerriers, De Rouergue croisa le regard de Sir Gorn et y lut un tout nouveau respect.


-La déesse a exprimé sa volonté. Annonça maladroitement le doyen des maréchaux de lice. Grâce lui soit rendu.


De Casteldorieux frappa son écu, imité par sa suite et bientôt tous les nobles présents firent de même, plusieurs cavaliers rompirent la formation pour venir féliciter le vainqueur d'une tape viril. Sa prouesse semblait le rendre respectable aux yeux de tous et même les soutiens de Sir Kilian lui signalaient leur sympathie.
Au milieu de ce nouveau tumulte, Clodhbert aperçu Heinrich. Le garçon était immobile le visage aussi blême que celui du chevalier disgracié, un mélange de peur et de dégout marquait ses traits, le jeune guerrier voulu aller vers lui, mais l'entourage le porta ailleurs, il dut répondre à mille sollicitations, accepter la boisson qu'on lui présenta et le disciple de Shallya disparu de son champ de vision.


-Sir ! L'appela le chevaucheur de pégase. Quelles que soient vos raisons de masquer votre blason, vous êtes un preux. Me feriez vous l'honneur de voyager en ma compagnie ?


Les chevaliers s'assemblèrent en une grande colonne et prirent le chemin qu'avait emprunté l'armée, laissant sur la prairie détrempée le blessé, son valet et le compagnon de route du héros du jour.

L'attitude du champion de Dame Alicia envers Clodhbert avait radicalement changé, il semblait maintenant le voir et était particulièrement cordial. Le jeune noble fut le centre d'attention du reste de l'ost jusqu'au soir. Il mangea avec les officiers et le baron de Casteldorieux l'invita à profiter de sa tente la nuit venue.

Les troupes de la prétendante campèrent à l'entrée de la vallée de l'Iroise, sur une butte où elles comptaient attendre leurs ennemis. Les jours suivants devaient être consacrés à la préparation de la bataille. Heinrich réapparu après la mi-nuit, couvert de boue et de sang et visiblement harassé. Il annonça que Sir Kilian était vivant et s'endormit aussitôt.

Chléric devait être à quelques lieux en train de camper également et au côté de lui, des hommes d'armes de Rouergue se préparer aussi à combattre le fils de leur seigneur.
suite:
 


Dernière édition par Hagen le Mar 16 Aoû - 19:11, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Les songes de Grosswald    Mar 16 Aoû - 17:52

Le membre 'Hagen' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

Amour divinité "Dame du lac" 'D20' : 1 réussite

--------------------------------

Sentiments étranges et diffus 'D20' : 19 échec
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MessageSujet: Re: Les songes de Grosswald    Mer 17 Aoû - 17:52

Les choses avaient bien changées en apparence. Kirian était manifestement un guerrier d’une grande force et il l’avait vaincu tout le monde ne voyait que sa. Même Heinrich qui avait vue revenir son maître suite à un combat contre une bête se demandait si Clodbhert n’avait pas été pervertie…
Le jeune Rouergue avait compris que la lame de Jonas avait sa propre volonté, cela lui expliquait comment le vieux guerrier paraissait si redoutable mais manifestement cela n’avait pas suffit contre l’arbre maudit.
Quelque destin attendait Clodbhert avec cette arme ? La maitriserait-il un jour ? Ou bien se fera t-il dévorer l’esprit ?
Mais avec la bataille qui arrivée, le jeune chevalier ne se faisait pas d’illusion, s’il voulait survivre il devait s’en remettre encore a cette terrible épée.
Alors qu’il prenait son matériel d’écriture le but n’était pas de donner des informations cruciale, cela ne servirait à rien, mais seulement d’expliquer son silence de ses derniers jours. L’expédition chez le seigneur de la garde grise, son retournement contre Kirian, sa rencontre Jonas, la chasse à la bête pour le compte des Genêts ainsi que la disparition du corps de Cordan, il fini son récit par le duel judiciaire où il fut innocenté.
Dans cette lettre Clodhbert se garda de toutes allusions aux informations qu’il avait envoyées précédemment et il se garda aussi d’évoquer l’arme de Jonas.
Mais parmi tous les souvenirs qui remontaient à sa mémoire, il réalisa soudainement qu’il allait se retrouver face à famille… Il y avait des chances qu’il ne les combatte pas directement mais la probabilité du contraire était quand même plus forte… Il était pris par serment il devait donc les combattre. Mais s’il redevenait frénétique face à ses Frères ou pire face à son père… Il pouvait craindre le pire.
Il repassa un coup de pierre à aiguiser sur le filet de son espadon, il brossa les jambes de chevale, il vérifia l’état des sabots et des fers.
Et il partit en suivant le flot en priant la dame de l’épargner lui et sa famille.
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MessageSujet: Re: Les songes de Grosswald    Mer 17 Aoû - 21:51

La vallée dans laquelle ils s'engageaient était large et verdoyante. l'Iroise coulait en ample lacet entre de petites collines aux flancs abruptes, de nombreux bosquets touffus encombrés de grandes épandues herbeuses. La zone aurait été parfaite pour l'élevage des célèbres chevaux des Marches si elle ne se trouvait pas aussi proche des contreforts nordiques des montages grises. Quelques raids orques avaient suffi pour décourager les seigneurs des environs d'y exposer leur si précieux haras, on n'y trouvait donc que de petits troupeaux d'ovins gardés par des manants trouillards.
L'ost ayant remonté les méandres jusqu'au croisement avec un affluant, établit son camps sur les hauteurs d'une imminence boisée pour masquer leurs effectifs, avait déclaré Sir Gorn. L'endroit était sec et cela plut aux hommes détrempés par trois jours de pluies.

Alors que le jour déclinait, Clodhbert partageait son repas avec Heinrich, quand un valet portant les armes des Hersent le convia à se rendre à la tente de commandement, De Rouergue finit son vin et quitta son écuyer. Le jeune moine était morose et taciturne il ne croisait que rarement le regard du chevalier et même la saveur de son ragout ajoutait au malaise. Le campement résonnait encore des bruits de cognée abattant les arbres et des bruyantes instructions des nobles et des officiers. Le domestique conduit l'invité au travers du désordre ambiant. Une fois de plus l'installation c'était fait sans organisation et tous avaient fait, selon son propre avis.

La pauvre tente du général monté de travers sur un sol irrégulier était à l'image de l'armée. L'apparent optimiste qui semblait régner à l'intérieur n'était pas en rapport avec son triste aspect. Sir Henry était assis à l'entrée visiblement préoccupé. Sourd et aveugle à son environnement il ne remarqua pas les arrivants et le serviteur introduit le jeune homme à l'intérieur. Olivier de Moussillon jouait une chanson de geste devant une petite assemblée entourant la jeune Alicia. Une fois la conclusion chantée les seigneurs prirent congés, laissant à la fillette l'occasion d'apercevoir l'adolescent. Elle lui fit un signe de tête aimable et lui dit quelques mots polis qu'il ne comprit pas tant la beauté sensuelle de la jeune enfant le troubla une nouvelle fois. Elle s'approchait d'une démarche si légère qu'elle ne semblait pas toucher le sol et après un courtois salut quitta également la pièce suivit par sa gouvernante. Le temps semblait s'être arrête après son départ et Clodbert n'aurait pas su dire combien de temps il était resté là, l'image de la petite prétendante imprimé sur sa rétine. Un verre tomba d'une table, le ménestrel jura contre sa maladresse et le charme et s'en était surement un, fut rompu. Il n'était plus que quatre, un grand gaillard cabossé au visage doux, le troubadour et un Sir Gorn fixant encore l'entrée d'un œil vague. Le champion finit par revenir à lui lorsqu'on lui tapa sur l'épaule pour lui tendre un verre. Son air rêveur changea pour prendre une expression fâchée.


-Le bonsoir Sir Clodhbert. Lança-t-il. La peur mine ce camp. Les effectifs de l'usurpateur ne devraient être qu'une source de gloire, mais inexplicablement font trembler tous ces chevaliers. Ils voient de mauvais présages partout et ont même demandés que nous ouvrions des négociations.


Le beau chevaucheur de pégase était tellement dégouté qu'il dut faire un gros effort pour ne pas cracher sur le tapis.


-Ce traitre de Grande-épée, a souillé son âme en bafouant les droits de la baronne légitime, a perdu son honneur en refusant de régler cette affaire par un duel et à la veille de la victoire qui prouvera au monde la justesse de notre cause, ces poltrons veulent négocier...Nous sommes au bout de la route, rien n'arrêtera cette confrontation nécessaire.


Le conteur fit taire son ami en le forçant à boire. La fièvre quitta peu à peu les yeux du chevalier qui reprit plus posément:


-Veuillez m'excusez, messeigneurs. Je ne vous ai pas fait venir pour que vous ayez à subir ma rancœur, mais pour vous exposer le plan qui nous permettra d'arracher la victoire. Nous sommes par la grâce de la dame, les trois meilleurs combattants de cette armée, c'est donc sur nous que reposera cette stratégie. Nos vertus seront éprouvées et si elles sont nobles, les dieux bons nous soutiendrons. Cherchant leur soutien, nous n'engagerons que notre chevalerie au combat, les manants n'étant pas digne d'un tel combat. Dans un premier temps nous déferons les champions abusés par l'autorité du général ennemi, ensuite lors ce que leur cavalerie viendra à nous, nous nous concentrerons sur les nobles de hauts rangs, si nous parvenons à les mettre en pièces, leurs familiers se replieront. Sir Erol, Sir Clodbert, Êtes-vous près pour cela ? Jurez vous d'etre le fer de la lance de notre cause ?
suite:
 


Dernière édition par Hagen le Mer 17 Aoû - 21:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les songes de Grosswald    Mer 17 Aoû - 21:51

Le membre 'Hagen' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

jet d'honneur : 7 réussite critique

--------------------------------

jet attachement famille : 19 échec
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Clodhbert de Rouergue

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MessageSujet: Re: Les songes de Grosswald    Jeu 18 Aoû - 9:25

Quelle sensation grisante de se retrouver avec une telle importance pour un garçon de son âge !
Clodhbert oubliait facilement c’est état d’âme précédent. Il en venait même à ce dire que sa famille, après tous, ne l’avait jamais ni favorisé ni véritablement aimé. Lui, le petit dernier qui se retrouvait au centre de la stratégie d’une armée… Il remerciait intérieurement la Dame de lui avoir mis l’Espadon de Jonas entre les mains il lui fallait encore maitriser la volonté de l’arme elle-même mais Jonas y était bien arrivé ! Et un homme aussi vertueux que lui ne pouvait pas avoir une arme démoniaque entre les mains…
Malgré les apparences, Clodhbert devait se rassurer sur la bonne vois qu’il était entrain de prendre.
Même la jeune Alicia était finalement légitime. Après tous, le second mariage du baron Aymar était officiel et reconnu !
Cette prise de conscience lui inspirait de grandes phrases fugueuses propres à sa jeunesse :
« _ Si les hommes on déjà peur, ce n’est pas forcément un mauvais début. Il vaut mieux qu’ils gagnent en confiance en cour de bataille plutôt que l’inverse. »
 
Juste après Clodhbert s’était écarté de tous pour prier la Dame. Il avait son bouclier avec lui. Seul avec lui-même il dévoila le blason de sa famille… Les Rouergue étaient une grande famille en Bretonnie et les membres en étaient tellement nombreux et répartie qu’il n’y avait souvent des parties et des intérêts contraires. Cela ne les empêchait pas de conserver leur nom mais dans un premier temps il valait mieux jouer la sécurité. Avec son couteau il grata longuement et consciencieusement la peinture de gueule et le lys d’asur.
 
Ensuite il prit un parchemin et relata tous les faits qu’Heinrich avait accomplit pour Clodhbert. Les soins, l’accompagnement son le rôle d’écuyer.
Il alla voir ensuite son jeune serviteur et lui tandis son écris :
« _ Tiens, voici une lettre de reconnaissance. Tous ce que tu as accompli pour moi y ai inscrit si d’autres te demande des preuves… J’ai l’impression que les choses on changées entre nous et je vois bien que tu n’as plus le cœur à me servir. Dans après la bataille si tu le souhaite je te laisse quitter mon service. Je trouverais bien un autre écuyer. »

Enfin il retourna voir Sir Gorn avant la nuit qui accepta de recevoir en privé. Il lui présentât son écu voilé, qu’il dé voilà devant lui, lui présentant ainsi le bois brute.
« _ Seigneur, devant la confiance que vous m’accordez je vous dois une partie de la vérité… Je suis tous acquis à votre cause mais mon père ma bannis après la mort accidentel de mon frère aîné, m’interdisant ainsi de brandir notre blason tant que je n’en n’étais digne… Et je pense que je ne serais jamais à ses yeux…
Mais demain il sera en face de nous et quoi qu’il arrive je promets de respecter votre stratégie. Quand la Dame nous aura accordé la victoire alors je récupérais mon Nom de moi-même. »
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MessageSujet: Re: Les songes de Grosswald    Ven 19 Aoû - 12:51

L'ost de Simon Grande-épée était arrivé le jour de la Dame. Profitant de la trêve du jour saint il s'était établie à deux portées d'arc du camp d'Alicia. Son effectif était nettement supérieur, de longues files d'hommes d'armes avaient défilé toute la journée alors qu'un épais cordon de chevaliers veillait à toute rupture de la trêve sacrée. Les guerriers nobles devraient être deux fois et demie plus nombreux que les fidèles de la prétendante et les manants bien trois ou quatre fois le nombre des roturiers de Sir Henry. En fin d'après midi une grande célébration s'organisa sur un versant de colline donnant vers le camp ennemi, le général adverse tenait visiblement à afficher sa puissance. De là où Clodhbert était posté il pouvait voir que la messe était menée par une femme mince qui présentait une coupe à tous les seigneurs agenouillés. La rumeur de la présence d'une demoiselle du graal se confirmait. Quelle observation déplut fortement aux compagnons du jeune champion et une violente dispute éclata lorsque Sir Gorn refusa toute négociation et rappela sèchement à une assemblée mécontente les devoirs d'un chevalier. La soirée fut tendue et les chants des troubadours de l'armée n'y changèrent rien.

Deux heures avant l'aube, les maître de camps réveillèrent les soldats et les premiers rayons du soleil éclairèrent les troupes rangeaient en ordre de bataille. Conformément aux instructions, Sir Henry avait disposé son infanterie en un grand cercle qui couronnait une colline. La moitié du pourtour de cette éminence était couverte par une pente raide au pied de laquelle coulait l'Iroise. A l'intérieur de ce rempart on y avait rassemblé le ravitaillement pour la journée et la cavalerie. Un corps de sergent d'arme ennemi occupait ce point stratégique au cours de la nuit, mais en avait été chassé par un Sir Gorn particulièrement inspiré disait-on. La bannière des Ersente était maintenant plantée au sommet. Une longue prière avait donné le temps à l'armée ennemi de se déployer face à la butte en un grand arc. Les hommes à pied rassemblaient autour de leurs oriflammes formaient de grand carré, entrecoupé d'unité de chevalier. Une vaste prairie bosselée séparait les deux lignes.

Ayant le soleil de face Sir Simon ne se pressa pas, ses couleurs personnelles ainsi que celles des nobles de hauts rangs ne furent déployées que vers le milieu de la matinée, mais parmi leurs hommes plusieurs têtes brulées n'avaient pas leur patience. Un jeune chevalier errant au blason frappé de dauphins fut le premier à dévaler la colline. Le pégase plana lourdement à sa rencontre et tous purent constater le grand talent à la lance de son cavalier. En réponse au premier sang, deux combattants abaissèrent leurs piques et lancèrent leur destrier en avant.

Le puissant sir Erol se tourna vers Clodhbert, acquiesça lentement et éperonna son cheval. Les hastiers du vicomte Amori, les soldats les plus expérimentés, ouvrirent leur formation pour laisser passer les montures. Heinrich tendit sa lance à son maître. Le jeune moine était resté au prêt de lui, prétextant que la déesse ne souhaitait pas qu'on abandonne les gens au moment où ils avaient le plus besoin d'aide. Emergeant des rangs, le grand guerrier ferma la visière de son bassinet et hurla son cri de guerre. Les champions adverses entendant le nouveau défi modifièrent leur trajectoire pour engager les arrivants…

suite:
 
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MessageSujet: Re: Les songes de Grosswald    Ven 19 Aoû - 15:45

Déterminé à être celui qu’on lui demande Clodhbert abaisse lui aussi sa visière. Il lance raisonnablement son chevale au pas allongeait pour l’économiser et accéléra à une porté de lice de combat. En même il abaissa sa lance, la cala sous l’aisselle visa et éperonna le bouclier adverse avec toute la force dont il pouvait disposer…
L’adversaire fut désarçonné ! La lance se brisa et De Rouergue empoigna son espadon, l’autre chevalier a terre n’avait pas fini de se relever que le jeune champion était déjà sur lui le menant de sa longue lame.
Alors qu’il la tenait à peine Clodhbert sentait déjà la haine de l’arme lui titiller l’esprit.
« _ Grâce ! » Clodhbert n’avait pas combattue avec son épée aussi, il pouvait encore se contrôler.
« _ Je vous l’accord si vous vous constituez prisonnier du Seigneur Ersente sur le champ ! »
 
Devant sa victoire Clodhbert se tourna vers son camp pour brandir son arme.
 
 « en réponse »:
 
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MessageSujet: Re: Les songes de Grosswald    Dim 21 Aoû - 10:50

Une clameur s'éleva des rangs des hommes d'armes. Vougiers, lanciers, archers, pavoisiers, saluaient la facile victoire de Clodhbert avec enthousiasme. Malgré la distance l'ovation était parfaitement audible par le jeune chevalier et gonflait son cœur d'orgueil. Toutefois, un doute occupait son esprit, il n'était pas un mauvais jouteur, mais peu avant l'impact, avait instinctivement fait effectuer à sa monture une manœuvre qu'il ne se souvenait pas d'avoir apprise et cela alors que son espadon était dans ses fontes.

Une longue flèche se fichant près de lui, le sortit de ses pensées. Une étrange brume recouvrait l'armée ennemie et commençait à descendre paresseusement la pente dans sa direction. Le soleil était maintenant levé et qu'un tel phénomène se produise naturellement à cette heure-ci était particulièrement improbable. Un second trait se planta à un mètre de sa monture. D'un coup de talon le jeune chevalier lança son destrier vers ses lignes à la suite de son prisonnier. Le gros cheval semblait nerveux, voulant sans cesse regarder derrière lui. Sa foulée était régulière, le terrain dégagé, mais Clodhbert n'avait pas l'impression d'avancer. Malgré ses éperons, la puissante bête ne parvenait pas à rattraper le chevalier vaincu qui les précédait en s'éloignant inexorablement. Sous la bannière des Ersente les hommes s'agitaient encore, mais plus aucuns sons arrivaient aux oreilles de l'adolescent. De Rouergue risqua un regard en arrière et constata tendu que le brouillard était déjà sur lui, le temps qu'il tourne la tête, ses compagnons avaient disparue. La purée de poix l'environnait de toutes parts. La sonnerie du cors de l'ost d'Alicia retentit, mais il semblait provenir de deux endroits différents. La monture se mit au pas puis s'arrêta, complètement désoriente. Les bruits d'une bataille lointaine troublait le lourd silence sans donner d'information sur son emplacement. A deux mètres autour du chevalier tous avait disparu...
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MessageSujet: Re: Les songes de Grosswald    Lun 22 Aoû - 10:05

Il ravala rapidement son orgueil.
Et même s’il ne voulait pas se l’avouer à lui-même : il avait peur…
Dans cette mélasse rien il ne pouvait rien charger, il pouvait juste se défendre… C’est là qu’il céda à la tentation de prendre en main son espadon. Magie pour magie, il préférait avoir en main en une arme équivalente :
Il n’y connaissait rien mais sa le rassurait.
Complètement coupé du monde, il tentait idiotement de donner quelques moulinets dans la brume.
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MessageSujet: Re: Les songes de Grosswald    Lun 22 Aoû - 18:16

Comme répondant à son appel le brouillard s'ouvrit révélant un cavalier vaporeux, couvert d'une imposante armure brumeuse. La pointe de sa lance se dissipait dans la voute nuageuse. D'un mouvement de casque il semblait le mettre au défi de l'affronter. Son bouclier légèrement transparent était couvert d'un calice miroitant. Derrière lui, on devinait les contours d'une petite chapelle, une vive lumière échappait de ses fenêtres et du bas de sa porte. Le chevalier attendait patiemment que Clodhbert fasse le premier pas. Un mouvement attira l'attention de l'adolescent, derrière lui un destrier monté par une demoiselle surgit, une grande robe couvrait la femme et les flancs de son animal qui avançait sans bruit. La jeune fille le regarda le temps que son cheval le dépasse et fit un léger geste l'invitant à la suivre. Devant elle la vapeur s'ouvrit comme un rideau et De Rouergue put entrapercevoir la bataille par l'ouverture. Le fracas des armes emplit l'espace faisant trembler les paroi de brouillard. L'apparition féminine s'engagea résolument par cette porte instable, laissant l'homme lige d'Alicia devant un choix.
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MessageSujet: Re: Les songes de Grosswald    Mar 23 Aoû - 8:58

Est-ce un sortilège de la demoiselle du camp d’en face ? Est-ce une apparition de la Dame ? Malgré la présence du chevalier Brumeux auquel il était sur le point de répondre au défi, il n’y avait pas d’agressivité de la part de la jouvencelle.
Aussi, il la suivit quand elle le dépassa, quand elle ouvrit la brume pour lui faire voir la bataille, il regarda et lorsqu’elle franchit le passage il entra lui aussi dans l’orifice vaporeux.
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MessageSujet: Re: Les songes de Grosswald    Sam 27 Aoû - 12:15

Sur la colline:
 


Clodhbert émergea sur la prairie légèrement désorienté. Des chevaliers étaient engagés dans une furieuse mêlée. Rassemblé autour d'une bannière ou d'un champion, les partisans d'Alicia se retranchaient à l'intérieur de leur cercle de piétons pour boire, se restaurer ou recevoir des soins avant de repartir prêter main forte aux combattants rester sur le champs. Leurs adversaires faisaient de même, mais leur effectif supérieur leur permettaient un surnombre qui épuisait les compagnons de l'adolescent. De la où il était, l'affrontement ressemblait à un ballet où de petits groupes de cavaliers chargeaient, combattaient ou se repliaient dans la plus pur tradition Bretonnienne. La bataille devait être commençait depuis plusieurs heures, les armures étaient marquées, les étendards lacérés, de nombreuses pièces de protection et d'armes brisées jonchaient le sol et plusieurs chevaux sans cavalier galopaient ça et là. Les fraternités guerrières en surnombre s'efforçaient de diviser l'ennemie pour capturer les combattants isolés.

Les couleurs de Simon Grande épée flottaient au-dessus d'un imposant regroupement de noble en armure, près à faire face à toute menace. À l'extrême droite plusieurs groupes de manants avançaient pesamment bien caché derrière de grands boucliers, réduisant l'espace de manœuvre des soldats de la jeune prétendante. Au cœur de l'affrontement l'adolescent reconnu De Casteldorieux violemment prit à partie par plusieurs chevaliers. Il était temps que De Rouergue fasse sa part.
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MessageSujet: Re: Les songes de Grosswald    Lun 29 Aoû - 7:43

D'une lente résolution et faisant des mouvements tout aussi lent et précis il mit son espadon en garde alors que son destrier caparaçonné passait du pas au pas allongé puis au petit tro.

Les enjambées de l'animal l'approchait inexorablement d'une série de combat desquels Clodhbert n'avait aucune idée de l'issu. Sera-t-il tué ? Sera-t-il meurtrier ? Alors que dans les fentes de son casque sa cible grossissait. Dans sa tête c'était le calme avant la tempête.

Dernière foulée, dernier ajustage de ses mains le long du manche de son arme, déjà des fourmis lui déménageaient le bout des doigts impatient d'y être.

Un homme était juste là, sous lui, à porté de son tranchant... Clodhbert détendit ses muscles et envoya le premier coup d'une longue série....

Ma dame pardonnez moi mes pêchés.
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MessageSujet: Re: Les songes de Grosswald    Lun 29 Aoû - 10:23

Clodhbert tomba sur l'ennemi comme la foudre, le premier qu'il croisa reçu un tel choc sur le casque qu'il en vida immédiatement les étriers. Un second se détourna du comte malmené pour lui fit face, mais fatigué et inexpérimenté il ne fit pas long feu et dut renoncer sitôt son poignet fracturé. Portant son cheval au côté de celui de Casteldorieux, l'adolescent poussa le cri de guerre de sa faction pour reconnaître ses alliés. Tout autour d'eux l'ennemi les entouraient et s'étant regroupé, attaquèrent les deux chevaliers isolés avec détermination. Mal leur en pris, le jeune homme était frais et leur réserva un cruel accueil. Il trancha la lance d'une hermine sur champ d'azur, fendit un écu peint d'un pélican et tient en respect un taureau de gueule et un chêne de sable.  Epuisé, probablement blessé son compagnon peina à repousser trois tours crénelées de sinople et De Rouergue dut lui porter encore secoure, il déploya une telle énergie et une telle adresse que les adversaires reculèrent.

De Casteldorieux flanchait, il tenta de rejoindre la sécurité du retranchement, mais les obligés de Simon grande épée, ne semblaient pas vouloir lâcher une si belle rançon aussi facilement, Clodhbert était prêt et joua des éperons pour donner l'opportunité au baron de se replier. Un pesant battement d'aile accompagna sa charge et Sir Gorn ouvrit leur rang avant que le jeune homme achève de disloquer le groupe. De partout les fidèles d'Alicia accoururent, se ralliant au cimier de leur champion et bientôt ils formèrent un groupe cohérent, bataillant côte à côte contre leur ennemie.

Des chevaliers frais sortirent du camp pour leur prêter main forte alors que les guerriers à la peine, retournaient à leur tour derrière la muraille de gens d'arme. De grandes trompes sonnaient le rassemblement chez l'adversaire, de nombreux cavaliers se reformèrent autour de leurs bannières. Le pégase s'envola et Clodhbert se retrouva à la tête de son parti. Un colosse chevauchait entre les lignes, l'adolescent reconnu son blason, c'était Sir Ronan le sombre, rendu célèbre pour avoir combattu seul au côté du Roy lors d'une escarmouche mal engagée. On le considérait comme l'un des plus grands combattants de Bretonnie, surpassant en sauvagerie bien des chevaliers du Graal. La célébrité abaissa plusieurs fois sa lance en signe de défi. Les frères de bataille de De Rouergue le regardèrent avec insistance, sa fonction de champion le désignait naturellement. Les lignes de cavaliers ennemie se mirent au pas formées en trois gros blocs qui chacun comptait autant de combattant que les compagnons qui entouraient Clodhbert, ils avaient besoin de temps pour réservoir des renforts du retranchement. Le guerrier en armure sombre inclina une fois de plus sa pique désignant cette fois-ci clairement le jeune homme.
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MessageSujet: Re: Les songes de Grosswald    Lun 29 Aoû - 10:53

Refuser était impossible… Et face à ce grand combattant, Clodhbert savait ses chances très maigres, probablement avait-il lui aussi une arme magique…

Le jeune chevalier regarda autour de lui dans son entourage direct. Il y vit un compagnon portant l’étendard d’Alicia et un autre avec un Oliphant sonnant la cadence et les ordres.

« _ Compagnons, faites prévenir que les renforts ici sont urgents ! Et si je tombe, ni voyez pas un mauvais signe, je n’ai aucune valeur, faites continuer l’attaque ! »

Clodhbert fini par répondre au défi lancé. Son idée, tenir le plus longtemps possible en espérant les renforts pour son camp. Il savait que seule une retraite du parti adverse pourrait le sortir de duel. Il s’accrocha à ses étriers et à son bouclier, il serra les reines de sa monture et se lança sur Sir Ronan.

Dans sa stratégie (si l’on peut dire ainsi) il prenait son espadon à une seule main dans un premier temps. Après le premier coup accusé au mieux avec le bouclier il le laisserait pendre par la lanière pour se battre avec son arme à deux mains.
En suite, s’il le pouvait il comptait déplacer le combat le plus possible sur un côté (toujours le même) pour s’écarter au maximum des autres, si Rouergue devait tomber il préférait que seul un minimum de personne ne le voit.
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MessageSujet: Re: Les songes de Grosswald    Lun 29 Aoû - 12:14

Le paladin ennemi lança sa monture au trot, lorsque Clodhbert sortit du rang. Devant l'absence de lance de son adversaire il jeta la sienne pour empoigner une puissante masse à ailette. Les deux chevaux se croisèrent sans se heurter et l'écu de l'adolescent se disloqua sous l'impact de l'arme adverse, ankylosant l'épaule qui le soutenait. Malgré le choc, le jeune homme parvient à rester stable en selle, fit pivoter sa monture et entama un ballet avec son agresseur, leurs destriers s'éloignant et se rapprochant sans cesse, permettant à leurs cavaliers d'échanger de puissantes frappes. Sir Ronan était plus fort, mais visiblement déjà éprouvé par ses engagements précédents de plus il était monté sur une bête moins puissante. Combattre un bretteur de ce niveau remplissait De Rouergue d'une étrange euphorie, toute peur ou appréhension l'avait quitté dès les premiers échanges. Il s'étonna de faire jeu égal avec un chevalier aussi prestigieux, cabossant son armure aussi souvent que la sienne était marquée par la masse. Il se surprenait, mais quelque chose dans son crane ne doutait pas de sa victoire. Les montures rentrèrent une nouvelle fois en contact, Clodhbert esquiva l'arme de Sir Ronan et tenta de le saisir au cou, le colosse le repoussa adroitement et arma une autre frappe, mais le jeune homme fut plus rapide, taillant avec rage vers le visage de son ennemi. L'espadon trouva le bouclier et s'y ficha de la profondeur d'une paume. Le paladin perçu l'opportunité et ne la laissa pas passer, modifiant la trajectoire de son coup il percuta la lame tordue par le mouvement de sa targe. La grande épée céda laissant sa pointe et un bon pied d'acier encore enfoncé dans l'écu adverse.

L'adolescent regarda incrédule son arme brisée, lorsqu'il reçut une frappe sur le bord du casque, la taille avait été portée rapidement et manquait de force, mais cela suffit à lui projeter la tête en avant et à l'assommer à moitié. Il sentit son gantelet gauche se refermer sur le tronçon de sa lame et la brandissant à deux mains il conclut aux impacts qu'il ressentait dans les bras qu'il avait repoussé le revers suivant. Son destrier poussait en avant, ébranla la monture de Sir Ronan mettent fin à l'échange. Clodhbert revenu à lui s'éloigna un peu pour reprendre son souffle. Son espadon était maintenant plus court et manquait d'équilibre. Goufflant bruyamment sa poitrine le cavalier sombre avait relevé sa visière pour mieux respirer. Il n'y avait pas de haine dans son regard, juste le respect dû à un adversaire valeureux.

Les duellistes se toisaient encore lorsqu'une flèche frappa l'encolure de la bête du champion de Simon Grande épée. Le cheval se cabra sous la douleur et fini par se coucher sur le flanc crachant du sang. Sans monture son opposant était vulnérable, mais la bataille avait reprit. Dans un fracas de lance les groupes de chevalier s'entre-tuaient de nouveau, devant le jeune homme un détachement était en train de tourner la ligne des hommes d'Alicia, au-dessus de leurs rangs flottait la bannière De Rouergue et la flamme aux couleurs de son frère cadet.
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MessageSujet: Re: Les songes de Grosswald    Lun 29 Aoû - 13:33

Maintenant à terre, Sir Renan était hors jeu… Non sans un dernier regard respectueux suivis d’un salut, Clodhbertse  détourna de ce dernier pour se concentrer sur le centre de la bataille.

Il constat que son frère Lonaric commandait un groupe de chevalier qui prenaient ses nobles hommes à revers…
Eperonnant les flancs de son animal le jeune Rouergue s’il voulait éviter l’affrontement Fratricide. Il devait faire le tour de son régiment et perdre un temps considérable pendant lequel ses compagnons prit de flancs aurait pus défaillir. Il avait prêté serment, il se donc lança contre la bannière de Rouergue.

Pendant la course il ne pouvait qu'accuser les changements de son arme, maintenant il pouvait la tenir comme une épée simple malgré le déséquilibre. Avait-elle encore ses capacités magiques ?
Il allait bientôt le savoir le premier chevalier ennemi était déjà porté de frappe.
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MessageSujet: Re: Les songes de Grosswald    Lun 29 Aoû - 17:20

La prise de rançon était la seule manière de s'enrichir pour les chevaliers accomplissant leur devoir féodal. Un combattant isolé était la promesse de gain facile et la maisonnée Rouergue se laissa tenter. Clodhbert reconnu les blasons de nombreux familiers de son père. La Rochedorée était en tête brandissant une hache d'arme, précédant Charles le bleu. L'arme brisée de l'adolescent handicapait son escrime et la fatigue pesait sur ses épaules, les deux guerriers maisoniers ajoutèrent des entailles et des déformations à son armure avant qu'il ne parvienne à jeter au bas de leurs selles le vieux bouteiller et le garde-chasse. Du sang dégoulinait entre les plaques de sa jambe droite, un choc violent lui avait probablement fracturé deux doigts, mais Hector Mortin et Victor de l'Eclise se portèrent au secours de leurs ainés. Le fils du chambellan avait peur et était trop crispé, mettre en fuite sa monture fut aisée, mais le châtelain de Monremy semblait possédé et lui causa bien du tort, l'absence de bouclier l'obligea à repousser les assauts avec son avant-bras achevant de tuméfier son côté gauche. De rage Clodhbert percuta son adversaire réussissant à placer la prise que Sir Ronan avait repoussé, Sir Victor était d'une autre trempe et son épaule fut disloquée par la clef. D'autres arrivaient, le jeune homme fit accélérer son destrier, contourna un cheval sans cavalier pour lui permettre de temporiser et aperçu au dernier moment son frère le charger. Avant qu'il n'est put réagir, son corps meurtri c'était couché sur sa selle, évitant d'un cheveu le fer de la lance. La rigidité de sa nouvelle armure l'empêcha de se relever et rendu aveugle par l'inclinaison de son casque, il chuta de sa monture. Encore en l'air il percuta le flanc de la bête d'un Lonaric encore surpris de la disparition de son adversaire. . Spontanément les bras de l’adolescent se refermèrent sur la jambe de son ainé et les deux fils de Suidebert heurtèrent ensemble de sol, dans un enchevêtrement de membres et de pièce métallique.

Clodhbert reprit connaissance alors que son corps c'était déjà relevé. Il se vit empoigner le colletin de son parent d'une main et sortir sa dague de l'autre. Le portier Guiscard tenta de lui porter un coup en passant, mais sa tête douloureuse se décala à temps. Le viguier Damien et ses cousins démontèrent en un éclair et se portèrent au secours de l'héritier de leur seigneur. Le jeune homme avait perdu l'espadon dans sa chute, il lâcha Lonaric non sans lui porter un brutal coup de poing et empoigna une épée qui traînait au sol. Un seul des nouveaux arrivants engagea le combat, les autres restèrent comme tétanisés à sa vu. Gérôme Granson était un brave garçon, il avait toujours traité l'adolescent avec respect à la cour de son père, malgré la fatigue le fils banni fit des efforts pour ne pas estropier cet ancien compagnon.


Alicia ! Alicia ! Cria quelqu'un au-dessus de Clodhbert. Un destrier s'interposa entre les combattants. Le champion reconnu un des membres de l'hôtel de De Casteldorieux, puis un autre et encore un suivant. Ils semblaient tous être là, formant un rempart devant leur allier pour le sortir de son mauvais pas. Les hommes de Lonaric s'étaient eux aussi déployé pour protéger leur seigneur et chaque parti s'employait à faire reculer l'autre à grands coups. Un hennissement surpuissant sembla suspendre l'échauffourée et amorçant une manœuvre de charge, le pégase s'aligna sur le groupe ennemi. L'adolescent était vraiment soulagé de voir son capitaine venir dans sa direction lorsque son souffle fut coupé. A l'extrémité de la ligne adverse, un chevalier se trouvait en face de la lance infaillible de Sir Gorn. Et ce chevalier portait les couleurs de Chélric.
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MessageSujet: Re: Les songes de Grosswald    Mar 30 Aoû - 9:25

C’était rassurant de se sentir entouré par ses amis et son camps alors que sa famille ne l’avait jamais soutenu…
 
Pourtant quand Sir Gorn défia son ami une sensation d’épuisement le vida, ses sentiments firent comme une chute vertigineuse en lui. Ce qui allait se passer était très grave : Son ami aller mourir ou être gravement blessé… Il avait déjà perdu un frère il se rappelait de cette horrible sensation de culpabilité, il ne voulait revivre ça car jusqu’à présent Chléric l’avait traité bien mieux que Lonaric ou son père…
 
Sir Gorn était encore loin et le chevale de Clodhber juste là… Il n’était pas vraiment sûr ce qu’il allait faire il laissa venir. Malgré sa douleur il escalada la scelle de sa bête l’éperonna pour partir en direction de Chléric. Arrivant sur lui avant Gorn pourtant en piquet, Clodhbert sauta littéralement sur son ami en criant son prénom, son ami l’avait vue venir et se préparait à l’assaut de Clodhbert et de Gorn en même temps. Seulement en entendant son prénom et la voie de son ami il eu un instant d’hésitation qui permit à Clodhbert une prise au corps, les deux chevaliers basculèrent à terre.
 
« Feins le combat » et Clodhbert assena un coup de poing dans le casque de Chléric.
 
Gorn passa au dessus d’eux et redirigea sa charge sur le combattant suivant.
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Hagen

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MessageSujet: Re: Les songes de Grosswald    Mar 30 Aoû - 13:58

Clodhbert chuta une nouvelle fois douloureusement au moment où l'énorme créature volante passait au-dessus de lui. Chleric était abasourdit par la présence de son ami ne sachant que faire. Un début de panique s'installait, les chevaux effrayaient par le pégase rompirent leur formation et s'éparpillèrent dans le plus grand désordre, de lourds sabots ferrés martelaient le sol et ce fut un miracle que les deux compagnons ne soient pas piétinés. Couvrant le vacarme les cors ennemis sonnaient de nouveau le rassemblement.

-Levez vous, seigneur Clodhbert. Ordonna la voix de Sir Gorn. Une nouvelle vague de chevalier déferle. Ne restez pas là, démonté ou vous serez pris. Retournez au retranchement prenez du repos et revenez au plus vite, une besogne considérable reste à faire.



____________________________________________________________________




Lorsque le soleil commença à décliner, la bataille était pliée. La supériorité numérique de Simon Grande épée n'avait laissé aucune chance à ses adversaires. Les derniers obligés d'Alicia encore en état de se battre c'était finalement regroupé derrière leurs piétons. Leur nombre était considérablement réduit, la plupart d'entre eux avaient été capturés ou gisaient quelque part sur le champ. Toutes les armures témoignaient des nombreux assauts qu'ils avaient subi et l'épuisement se lisait sur tous les visages. L'armée de Judith s'était rassemblé, prête pour l'assaut final, beaucoup de survivants n'avaient plus la volonté de combattre pour protéger leur position. Sir Gorn, le cimier et la robe lacérés prit la parole

-Compagnons, vous avez combattu au déjà de ce que votre parole vous engagez, mais les braves trompés par l'usurpateur était trop nombreux. C'est pitié que tant de vaillance soit mis au service d'une cause injuste. Amis, frères d'armes, je remets votre destin entre vos mains. Faites ce que vous trouvez le plus sage dans la situation périlleuse où la quête du bon droit nous a mené. Nous ne combattrons probablement plus ensemble, mais je fais le serment que votre courage ne sera jamais mis en doute en ma présence. Que la dame vous garde et recueille nos morts dans son jardin des vertus.

Clodhbert, le corps meurtri par les intenses combats, vit le champion se diriger vers la tente que des valets avaient monter pour la petite prétendante, pour y parvenir il dut enjamber plusieurs blessés. Le dernier homme lige de la famille Ersante lui libéra le passage sans un mot. La petite fille l'attendait debout au milieu de son frêle abri de toile. Un voile de tristesse recouvrait son visage d'ange, la peur qu'on pouvait lire dans ses yeux aurait poussait n'importe quel honnête homme à se mettre immédiatement à son service. Sa beauté étrange semblait plus captivante encore que les deux autres fois où De Rouergue l'avait aperçu. Malgré l'écrasante différence de taille, Alicia prenait plus de place que son puissant guerrier. Celui-ci tomba à ses pieds, son beau visage couvert de larmes.


-J'ai failli, ma dame. Je n'ai pas su être à la hauteur. Par ma faute votre cause est presque perdue. Je n'ai pas été digne de votre confiance...


La fillette lui déposa un léger baiser sur le front et lui chuchota quelques mots à l'oreille. Le chevalier cessa de se lamenter, se releva aussi souplement que s'il n'avait pas été blessé et prenant sa protégée aussi délicatement qu'il aurait saisi un vase précieux, il la déposa sur le large dos de sa fabuleuse monture.


-Je vous retrouverai, Ma Baronne mais la crédibilité de vos revendications nécessite que je finisse cette journée d'une manière plus incontestablement honorable. Je vous rapporterai votre oncle et tiendrai ma promesse de vous mener à votre couronnement.


La monture déploya ses grandes ailes blanches, prit le grand trot et s'arracha du sol en deux puissants battements. Le reste de l'ost regarda l'objet de leur combat disparaître.


-Sir Gamor, repliez la grande bannière et confiez la moi, il ne serait pas convenable qu'elle tombe entre de mauvaises mains. Blaise, portez-moi le cheval le plus frais que vous trouverez. Et vous Sir Clodhbert, me feriez vous l'honneur de me suivre pour une dernière charge ? Donnons à nos compagnons l'espace pour qu'ils puissent rentrer chez eux sans qu'on ne les afflige encore.


Une détermination inquiétante habitait maintenant le visage du paladin. Derrière lui, le cercle de protection de l'infanterie se disloquait du fait des désertions, à leur flot se joignaient de nombreux domestiques, écuyers et nobles tentant d'échapper à une capture ruineuse. Une volée de flèches s'abattit au milieu du campement provoquant un début de sauve qui peut. Les formations de cavaleries ennemies semblaient sur le point de donner
l'assaut.
note qui a son importance:
 


Dernière édition par Hagen le Mer 31 Aoû - 13:16, édité 1 fois
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Clodhbert de Rouergue

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MessageSujet: Re: Les songes de Grosswald    Mer 31 Aoû - 9:13

Le peu de repos qu’il avait pus avoir n’était presque rien. Toutes les blessures qu’il avait accumulés était encore là et bien présente, il n’y avait pas eu de miracle venue le secourir.
Envoyant s’envoler  Alicia beaucoup de déception avait émergées un peu partout dans le camp. Et Clodhbert qui avait assisté à toute la scène depuis son point de vue privilégié, pouvait comprendre cette réaction. Malgré tout il ne put échapper au sentiment d’abandon et à la déception.
 
Mais voilà que Gorn venait de lui proposer le pire des scénarios… Chargé alors que tous été perdu… Charger juste pour la gloire… Pour se souvenir de la fraternité qui a lié ensemble tous les combattants.
Mais plus rien ne liée le jeune Clodhbert à cette bataille. Plus rien… Sinon son Espadon raccourcit et le souvenir de Jonas, qui n’aurait probablement pas refusé une si belle occasion aussi chevaleresque…
 
Rouergue ne compris pas pourquoi il avait dit oui. Il savait que le malheur s’abattrait sur leur dernier fer lance. Surtout lui. Bannis de sa famille il n’avait aucune valeur pour une rançon et à moins que son frère le reconnaisse et le sauve il serait à coup tué s’il devait être fait prisonnier.
 
Déjà le jeune champion se trouvait aligné en première ligne avec les quelques inconscients qui, comme lui, voulait bien participer à cette dernière chevauchée.
 
« Ma dame, bénissez moi. »
 
Spoiler:
 
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